Les personnes en situation de handicap

2. De quoi parle-t-on?

2.2. Le handicap?

Les modèles pour penser le handicap

Afin de mieux comprendre la notion de handicap, nous vous proposons 2 modèles. En effet, le handicap ne définit pas la personne mais il s'agit d'une résultante de différents facteurs.

La Classification de WOOD (1980)

La classification de Wood constitue un bon tremplin pour comprendre la notion de handicap.

Wood définit trois niveaux dans une personne :

  1. L’organisme, le corps, la dimension biologique, qui supporte une déficience (par exemple, une déficience du nerf auditif).
  2. La personne, en tant qu’individu, la dimension fonctionnelle, qui supporte une incapacité (par exemple, une incapacité à entendre).
  3. La personne en tant qu’être social, sujet psychique. C’est la dimension sociale, dans laquelle on exerce des rôles (être élève, être copain, être enfant de, être parent, être client…). Ces rôles ne peuvent être joués qu’au sein d’une situation, dans les interactions avec l’environnement. A ce niveau, la personne supporte un désavantage.

C’est seulement au 3ème niveau, celui de la personne en tant qu’être social, que le handicap émerge. Le handicap, c’est la possibilité, ou plus exactement l’impossibilité, de tenir les rôles sociaux que tout un chacun est amené à jouer au cours de sa vie. Etre handicapé, c’est être empêché dans sa vie sociale, cela provoque une grande souffrance, et cela est très préjudiciable, notamment pour les enfants, dans toute la sphère psychologique.

Le handicap est créé par l’environnement, par nous tous, même s’il découle à l’origine d’une déficience. De ce fait, on peut agir à deux niveaux : au niveau de la personne (on peut tenter de guérir une déficience, on peut compenser une incapacité, par des moyens techniques ou par des apprentissages spécifiques comme le braille ou la LSF, etc.), et au niveau de l’environnement, qui se doit d’être adapté de manière à ce que le handicap soit réduit à son minimum.

Le handicap dépend donc de la réponse de l’environnement, du fait que l’environnement s’adapte ou non aux incapacités de la personne, facilite ou non la vie dans la société (par exemple, les bouteilles de vin et les boîtes de médicaments portent aujourd’hui des étiquettes en braille ; par contre, des bâtiments privés et publics, comme des écoles, sont encore inaccessibles pour des personnes en fauteuil roulant).

  • Au sens social, être handicapé, être différent, c’est être anormal

Dans nos esprits, spontanément, on va dire d’une personne qu’elle est handicapée, on va lui attribuer une étiquette, en nous référant implicitement à une norme, au sens statistique, qui reflète la moyenne des capacités des individus de notre société. Normalement, on voit. Normalement, on marche, on entend…

Mais la normalité dans le sens commun, c’est aussi la bonne santé. Donc, on a tendance à considérer que si être handicapé c’est être anormal, c’est aussi être en mauvaise santé. Les théoriciens ont donc commencé à étudier les composantes de la santé, pour mieux définir le handicap.

La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIH-2)

À partir de 1997, devant la demande pressante de nombreux professionnels de la réadaptation, et des milieux associatifs, l’OMS a entreprit la révision de la CIH, qui malencontreusement transformée en Classification des "désavantages" accentuait les effets de stigmatisation.

La CIH-2, adopté, en mai 2001, par l'Assemblée mondiale de l'OMS, sous l'intitulé : "Classification du fonctionnement, des handicaps et de la santé" (CIF).

La CIH-2 s'est éloignée d'une classification des « conséquences de la maladie » (version de 1980) pour proposer une classification des « composantes de la santé ».

Les « composantes de la santé » définissent ce qui constitue la santé, alors que les «conséquences» se focalisent sur l'impact de la maladie ou tout état de santé qui peut en résulter.

Ainsi, la CIH-2 adopte une position neutre par rapport à l'étiologie.

Pour permettre d'étudier les déterminants de la santé et les facteurs de risque, la CIH-2 comprend une liste de facteurs environnementaux qui permettent de décrire le contexte dans lequel vit chaque personne.

On y distingue cinq niveaux :

  • Les fonctions organiques : elles désignent les fonctions physiologiques des systèmes organiques (y compris les fonctions psychologiques).
  • Les structures anatomiques : elles désignent les parties du corps humain, telles que les organes, les membres et leurs composantes
  • Une activité signifie l'exécution d'une tâche ou le fait pour une personne de faire quelque chose.
  • La participation signifie l'implication dans une situation de la vie réelle.
  • Les facteurs environnementaux constituent l'environnement physique, social et attitudinal dans lequel les gens vivent et mènent leur vie.

Il devient donc indispensable de connaître l’environnement et les conditions de vie et de travail d’une personne pour déterminer son handicap et ainsi définir avec précision ses besoins et les aides qui lui sont nécessaires pour réajuster l’individu à son groupe d’appartenance.