Les troubles de l'apprentissage, de la communication et du comportement

2. De quoi parle-t-on?

2.2. Vous avez dit "normal"?

« Est-ce que cet enfant est normal ? » « Tous les enfants ne font pas ça ? » Dans le domaine de la santé mentale, tout n’est pas binaire. On n’est pas dépressif ou non dépressif, anxieux ou non anxieux, hyperactif ou non hyperactif. On parle de trouble relatif ou de trouble absolu. Par exemple, la trisomie 21 est un trouble absolu : il y a trois chromosomes 21 au lieu de deux, et pas d’intermédiaire. Alors que les difficultés de comportement sont d’un autre registre : on est plus ou moins agité, plus ou moins agressif, plus ou moins opposant etc…

Peut-on parler de normalité ?

La normalité (selon wikipédia) est ce qui est conforme à ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend, ne dérange ni n’attire la curiosité car moyen et considérer de ce fait comme règle à suivre. Il s’agit de ce qui est fait par tout le monde. Mais cela reste une notion modérément vague définie en fonction de chaque société, selon son histoire.

Pour Fernand Ovelette « la normalité demeure une question relative à une époque, une civilisation. Or chaque culture a tendance à croire que son équilibre est la norme universelle. »

Bruno Falissard, pédopsychiatre, donne son point de vue sur la notion de « normalité ». Pour lui, médecin, elle n’existe pas : il y a des personnes qui souffrent et dont il faut prendre soin et des personnes porteuses de différences qui enrichissent la société. Si une norme existe, elle est d’ordre mathématiques et est l’affaire des statisticiens.

Définition:

Les troubles du neuro-développement se caractérisent par une perturbation du développement cognitif ou affectif de l’enfant qui entraine un retentissement important sur le fonctionnement adaptatif scolaire, social et familial. (Le comportement adaptatif évalue à quel degré la personne est pénalisée dans son fonctionnement quotidien (soins personnels, autonomie, …) dans sa participation à une vie sociale (interactions avec l’environnement, occupations, habiletés au travail…), dans ses apprentissages (scolarité..))

Les troubles du neuro-développement regroupent les troubles du développement de la communication et des interactions sociales (autisme), du développement intellectuel (déficience intellectuelle ou retard mental), du développement de l’attention (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ou impulsivité) et des fonctions associées (mémoire de travail, contrôle exécutif…) mais aussi les troubles d’acquisition du langage ou des coordinations (dysphasies et dyspraxies) et les troubles spécifiques des apprentissages scolaires (par exemple la dyslexie-dysorthograpie).

Ces troubles apparaissent le plus souvent précocement dans l’enfance, les premiers signes étant visibles avant la fin de l’école maternelle, et se modifient jusque dans l’adolescence.
Ils présentent des degrés très variables de sévérité et sont fréquemment associés entre eux, constituant alors un trouble multiple du neurodéveloppement, ou bien à une épilepsie, un trouble moteur ou un déficit neurosensoriel (vision, audition). Ils ont aussi la particularité de partager des causes et facteurs de risques communs, d’origine génétique ou environnementale (par exemple la prématurité ou l’exposition aux toxiques et agents infectieux avant la naissance).

Considérons donc que les personnes atteintes de troubles du neuro-développement ou troubles du comportements ne sont pas "anormales", mais ont un fonctionnement différent qui va obliger l'éducateur ou l'animateur à adapter sa pédagogie, en terme de communication, d'aménagement matériel, etc..

Les chapitres qui suivront sont d'une importance capitale, car mieux connaitre le trouble permet d'adapter sa séance à chaque individu.