Troubles métaboliques : Obésité et diabète

3. Obésité

3.3. Obésité et sport

Pourquoi faire du sport quand on est obèse ?

* pour prévenir le risque cardiovasculaire

Le risque de développer une maladie cardiovasculaire est particulièrement élevé lorsqu’on est obèse. Le mauvais cholestérol et le manque d’exercice affaiblissent le système cardiovasculaire, qui perd alors en efficacité. À terme, les personnes obèses courent un risque important d’infarctus ou de crise cardiaque. Le sport est un excellent moyen d’entretenir son système cardiovasculaire et cardiorespiratoire. Quels que soient notre situation et notre poids, nous devons tous veiller à avoir une activité physique régulière pour entretenir la santé de notre cœur et de notre système sanguin. Le sport permet donc de lutter contre les affections cardiaques et d’éliminer les excès de cholestérol dans l’organisme. Bien sûr, pour cela, il est important de l’associer à une alimentation saine et équilibrée.

* pour augmenter son espérance de vie

Il a été prouvé que la qualité des vies des personnes obèses se dégradait considérablement avec l’âge

* pour perdre du poids et retrouver une bonne hygiène de vie

Cela semble évident, et pourtant il est essentiel de le rappeler. Faire du sport est indispensable pour éliminer les graisses et perdre du poids. Lorsqu’on est obèse, il est important de se remettre progressivement à la pratique d’une activité physique pour retrouver la forme et perdre du poids petit à petit. Sans sport, il est vraiment difficile de retrouver un poids de forme. Bien sûr, l’alimentation joue ici un rôle majeur. Inutile d’espérer perdre de la graisse si l’alimentation est déséquilibrée. Mais sans sport, l’alimentation ne permettra pas, à elle seule, de retrouver la forme. Nutrition et sport sont indissociables pour perdre du poids, et en particulier en cas d’obésité!

* pour retrouver le moral et un lien social

L’obésité est un véritable fardeau psychologique pour beaucoup de personnes. Le sport libère des endorphines, qui permettent de se sentir mieux. C’est un très bon moyen de faire le vide dans son esprit et de lutter contre le stress, l’angoisse et la dépression. Faire du sport lorsqu’on est obèse est donc excellent pour le moral. Cela donne le sentiment de lutter contre cette situation et de ne pas se laisser abattre. Le sport transmet alors un sentiment de bien-être général, qui peut s’avérer très précieux.

Mais ce n’est pas tout. Pour faire du sport, il est possible d’associer ses efforts à ceux d’autres personnes dans une situation similaire, ou non. Ainsi, les personnes qui cherchent à perdre du poids et à retrouver la forme peuvent se soutenir mutuellement. Le sport est un véritable facteur de lien social, ce qui peut être déterminant lorsqu’on doit perdre du poids et retrouver un poids de forme.


Recommandations pédagogiques

Nous l’avons vu, le sport ne procure que des avantages face à l’obésité et ses conséquences. Mais attention, la pratique sportive doit être adaptée : la santé est en jeu.

Les activités proposées devront garantir :

  • La sécurité de la personne
  • L’efficacité de l’entraînement
  • L’adhésion au programme
Choisir des sports adaptés à l’obésité:

L’obésité affecte notre corps et l’ensemble de ses fonctions : des articulations au système sanguin en passant par le cœur… Il est indispensable de tenir compte des effets de l’obésité sur le corps lorsqu’on choisit un sport. Limitez les sports avec impacts, comme la course à pied. Il existe certains sports plus conseillés que d’autres lorsqu’on décide de reprendre une activité physique normale en situation d’obésité. Le premier est la marche. La marche est une activité accessible à tous et surtout très douce. Elle n’agresse pas le corps, ses muscles ou ses articulations.

Les activités aquatiques présentent l’avantage de s’accommoder de limitations fonctionnelles telles que les douleurs articulaires. La marche nordique, quant à elle, présente peu de contraintes logistiques. Ces activités permettent de plus un travail en groupe et sont suffisamment ludiques pour promouvoir l’adhérence au programme prescrit, du moins à court et moyen termes.

Il est recommandé de privilégier des activités:

* d'endurance avec les recommandations suivantes:

  • durée: entre 20 min à 1h30, fractionner les séances pour limiter la sensation de difficulté.
  • fréquence: minimum 2 fois par semaine mais avec des objectifs accessibles (public vite en échec et donc sujet à l'abandon)
  • privilégier les activités à faible risque traumatique : vélo, natation, marche, cardio-training, jeux de raquette
  • privilégier des situations pédagogiques sous forme de jeu par exemple le football en marchant

* de renforcement musculaire :

  • privilégier une mobilisation de tout le corps
  • utiliser du matériel adapté pour faciliter les gestes (élastiques par exemple)

Mais sont-elles efficaces, ou, en d’autres termes, sollicitent-elles suffisamment les dépenses d’énergie ? Dans ses recommandations pour la prescription de l’exercice, le collège américain de médecine du sport définit des plages d’intensité pour la prescription.

Domaines d’intensité pour la prescription de l’activité physique
MET : Metabolic equivalents

En fonction de l’intensité définie pour le patient, de nombreuses activités physiques peuvent être proposées. L’intensité peut facilement être adaptée par le patient en modulant la fréquence, l’amplitude et la vigueur des mouvements par exemple. Donc, en pratique, ces activités (et la liste n’est de loin pas exhaustive) peuvent être incluses autant dans un programme visant à la réadaptation qu’à un autre programme plus intensif. Une exigence subsiste : adapter l’intensité.

En conséquence, il conviendra d’agender une évaluation pour noter ces changements, et, en conséquence, les contenus de l’activité physique s’adapteront pour répondre à de nouveaux objectifs.

Compatibilité de quelques activités physiques classiques avec les différentes prescriptions adressées au patient obèse*

Outils de travail :

Le monitoring de la fréquence cardiaque est souvent cité en exemple. Il reste parfois difficile à mettre en œuvre, exige un investissement, et ne fonctionne pas dans l’eau. Par contre, la perception que l’individu a de son effort est simple d’emploi, facilement compréhensible, gratuite et robuste. On pourrait proposer de séparer l’échelle en différentes zones de couleur, représentant les différents domaines d’intensité, pour faciliter sa compréhension.

En tant qu'éducateur, il est facile d'utiliser l'échelle de Borg au quotidien.

Exemple d’échelle de perception de l’effort 6-20 adaptée à la prescription d’activités physiques

L’échelle est séparée en zones de couleurs, pour faciliter la prescription au patient. Les zones verte, jaune, orange et rouge correspondent aux domaines d’intensité de l’effort «léger», «modéré», «vigoureux», «proche du max et max», respectivement.


Témoignages éducateurs

Regardez ces vidéos pour comprendre comment des structures peuvent proposer des séances spécifiques à ce public.

Cette vidéo a été réalisée pendant un séjour “Obésité et Activité Physique”, à la demande de la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de Normandie, dans le cadre du Plan Régional Sport-Santé Bien-Etre.

Activités physiques et surpoids Centre Sportif de Normandie