Troubles métaboliques : Obésité et diabète

4. Diabète

4.3. Diabète et sport

Les personnes souffrant de maladies métaboliques doivent avoir une activité physique adaptée à leur pathologie. Elle doit s’inscrire dans la durée au même titre que pour les autres pathologies afin d’en tirer des bénéfices et permettre dans certains cas une diminution du traitement médicamenteux.


Recommandations pédagogiques

Sport et diabète de type 1:

Le diabète n’empêche pas de faire du sport, il existe de nombreux champions, dans différents domaines, qui ont un diabète et ont fait de belles carrières. Le diabète ne justifie pas une dispense d'EPS à l'école.

L’activité physique a une influence sur le diabète. En effet, l’exercice est bénéfique pour la santé, qu’on ait un diabète ou pas ; c’est un plaisir, un excellent moyen d’être bien dans son corps et dans sa tête ; cela peut contribuer à améliorer l’équilibre glycémique. De plus, l’activité physique est un des facteurs qui fait varier la glycémie. Le traitement (doses d’insuline et/ou alimentation) a besoin d’être adapté à l’activité physique. Le sport aide à maintenir la forme physique, augmente la masse musculaire et aide à lutter contre les kilos en trop et il diminue le rythme cardiaque, la pression artérielle et le risque de maladies cardio-vasculaires.

L’enfant qui a un diabète continue de faire du sport, comme avant, aussi bien à l’école qu’en dehors de l’école. L’activité physique est conseillée, car elle favorise le bien-être et peut améliorer le contrôle du diabète. L’enfant peut pratiquement faire tous les sports et même pratiquer le sport à haut niveau. Le sport rend nécessaire l’adaptation des doses d’insuline et de l’alimentation. En général, il faut diminuer la dose d’insuline correspondant à la période d’activité et suivant l’activité. Il faut manger plus si l’exercice n’est pas prévu ou si son intensité le justifie.

En tan qu'éducateur, il faut toujours avoir avec soi soi du sucre et une collation supplémentaire.

Sport et glycémie :

Le plus souvent, l’exercice physique fait baisser la glycémie pendant le sport et surtout dans les heures qui suivent le sport. Des précautions simples permettent d’éviter l’hypoglycémie :

  • Diminuer les doses d’insuline
  • Adapter l’alimentation
  • Contrôler la glycémie, avant le sport pour savoir d’où on part et après pour savoir si la dose a été corrigée de façon correcte, pourquoi pas à la mi-temps.

Il est important de noter dans le carnet le sport pratiqué, la dose d’insuline, les collations prises, les glycémies. Il faut être d’autant plus attentif au début du diabète, quand on commence une nouvelle activité physique dont on ne connaît pas les effets.

Attention ! Ne jamais faire de sport à jeun. Lors que l'éducateur encadre des diabétiques toujours questionner au préalable son public (taux de glycémie, état général du pratiquant, qualité et quantité du repas et horaire de prise du repas).

Sport et hyperglycémie :

Dans certains cas, l’exercice physique peut faire monter la glycémie. Pourquoi ?

Le stress (excitation, concentration, engagement) occasionné par certains sports (ex : sports d’équipe…) ou certaines pratiques (ex : compétition …) provoque une poussée d’adrénaline qui fait monter la glycémie.

Si, avant l’exercice, la glycémie n’est pas élevée, l’hyperglycémie sera transitoire. Attention, la glycémie risque quand même de baisser dans les heures qui suivent, elle doit donc être surveillée.

Si, avant l’exercice, il y a une hyperglycémie (> 2,5 g/l) avec une cétose (=pour faire simple, c’est un état ou le corps à remplacé son carburant principale, le glucose, par les lipides, à l’aide des corps cétoniques générés par le foie.), l’exercice peut aggraver à la fois l’hyperglycémie et la cétose.

ATTENTION! Ne pas commencer un exercice physique si on retrouve une hyperglycémie avec cétose.

En pratique :

Avant l’exercice, la glycémie ne doit pas être :

  • Trop basse : si elle inférieure à 1,20 g/l, ne pas faire l’exercice sans avoir mangé ;
  • Trop élevée : si elle supérieure à 2,50 g/l, rechercher la cétose. En cas de cétose, s’abstenir de faire l’exercice.

L’activité est prévue :

  • Diminuer l’insuline correspondant à la période où l’exercice est prévu.
  • A certaines heures, prendre une collation (10 à 20 g de glucides selon l’âge).

L’activité n’était pas prévue :

  • Comme la dose d’insuline n’a pas été diminuée,
  • Prendre une collation avant de faire l’exercice : 10 à 20g selon l’âge.
  • Prévoir son matériel : lecteur de glycémie, bandelettes urinaires, sucre, collations, boisson.
  • Prévenir une personne sur place que l’on a un diabète.
  • A l’arrêt de l’exercice et quelques heures plus tard, contrôler la glycémie.
Entrainement/ Compétition et diabète

L’exercice physique régulier (par exemple, natation 1-2 heures, 2-3 fois par semaine) facilite l’action de l’insuline. On a donc besoin de moins d’insuline si l’on est entraîné. Cet effet disparaît rapidement à l’arrêt de l’entraînement (en quelques jours). Avec l’entraînement, on apprend à connaître ses propres réactions (variations de la glycémie pendant et après le sport) et ainsi à bien adapter les doses d’insuline. On ne commence un entraînement qu’avec une glycémie ≥1,2g/l et en l’absence d’hyperglycémie avec cétose

Contrôler la glycémie et la cétose 1h30 avant la compétition. Si la glycémie est ≤ 1,5g/l : prendre une collation de 10 à 20g de glucides.

Épreuve d’endurance : cyclisme, course de fond, randonnée, VTT, match de foot ou de hand, tennis, natation sur de grandes longueurs…Toutes les 30 min assurer un apport de 10 à 20g de glucides sous forme de jus dilué, fruits secs, biscuits…Epreuve intense et de courte durée : athlétisme, natation sur de courtes longueurs, gymnastique, hockey, aviron, arts martiaux, danse…En cas d’attente entre 2 épreuves, manger aux heures habituelles avec des aliments faciles à digérer et éventuellement consommés de façon fractionnée.

Exemple : sandwich pain de mie + jambon, pain au lait + fromage, compote, banane…Boire régulièrement de l’eau plate ou légèrement sucrée (150 ml toutes les 10 minutes).On peut utiliser des boissons spécialisées pour les sportifs, généralement sucrées à 6-8%, ou du jus de fruit dilué, ce qui permet en même temps de bien s’hydrater (important pour éviter les crampes musculaires pendant et surtout après l’effort).Dans l’heure qui suit, bien s’hydrater : boire 0,5 à 1litre de boisson légèrement sucrée, selon l’âge de l’enfant et la température extérieure.

Pour conclure:

“La personne diabétique a besoin d'anticiper son effort du fait des risques encourus. Hormis les contraintes purement sportives d'échauffement, de matériel adapté, d'hydratation suffisante, de progression régulée... la personne diabétique doit prendre en compte cet élément qu'est la glycémie. Il est bon de connaître les facteurs qui pourraient la modifier, par exemple l'intensité de l'effort, sa durée, le moment de la journée pendant lequel le sport est pratiqué, le repas précédemment pris, le traitement suivi, la température ambiante et plein d'autres paramètres pouvant être propres à la personne diabétique".


Témoignages sport et diabète

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