L'enfance
| Site: | JS World |
| Cours: | DEMO CdP |
| Livre: | L'enfance |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | jeudi 5 février 2026, 09:07 |
1. Accueil
Bienvenue sur le module "Enfance"
- Le module dure environ 1h30.
- Il s'adresse à tous les stagiaires des diplômes Jeunesse et Sports.
- Ce parcours est validé par un quiz final qui vous permettra d'obtenir "le badge enfance" (Vous devez obtenir la note minimale de 16/20).

2. De quoi parle-t-on?
3. Première approche du sujet
Avant de vous présenter les caractéristiques des enfants de 6 à 11 ans, nous vous proposons de visionner attentivement la vidéo suivante.
- Dans cette séquence, que repérez-vous chez
- l'enfant d'un point de vue moteur?
- l'enfant d'un point de vue cognitif (facultés de compréhension et de réflexion)?
- l'enfant d'un point de vue affectif et social (lien avec l'adulte, émotions)?
- chez l'éducateur (posture, voix, consignes, etc.)?
4. Les caractéristiques de l'enfance
Cette mini séance vidéo vous invite à repérer des éléments spécifiques aux enfants. Afin de vous permettre d'adapter, en conséquence, votre posture d'éducateur, vous avez besoin de mieux identifier les étapes du développement de l'enfant.

4.1. Au niveau morpho-biologique
Développement des capacités motrices
Chez l’enfant, jeux et activités physiques favorisent le développement harmonieux des grandes fonctions physiologiques et métaboliques.
La souplesse
- L’enfant possède, dès le plus jeune âge, un niveau élevé de souplesse résultant d’une masse et d’un tonus musculaire peu élevés et d’une élasticité ligamentaire et musculaire importante.
- À l’exception des enfants qui pratiquent la gymnastique, la danse et toutes autres activités motrices de haute expression corporelle, un entraînement “poussé” de l’amplitude des articulations ne semble pas nécessaire avant 9-10 ans. Dans tous les cas, l’entraînement de la souplesse chez l’enfant doit être dirigé par des éducateurs sportifs compétents, bien formés et informés des limites à ne jamais dépasser.
- Il est, en revanche, particulièrement recommandé d’apprendre très tôt à l’enfant les techniques d’auto-étirement. Elles lui serviront toute sa vie car l’amplitude articulaire décroît très rapidement dès la puberté et doit être entretenue très régulièrement.

La vitesse gestuelle
- La vitesse gestuelle correspond au nombre maximal de mouvements susceptibles d’être réalisés en un temps donné. Dans certaines activités, comme la natation, le cyclisme et la course sur courtes distances, la vitesse gestuelle entraîne une vitesse de déplacement.
- Bien que limitée par les facteurs héréditaires, la vitesse peut être développée avant et pendant la puberté par des exercices et toutes formes de jeu. Il est donc parfaitement justifié d’envisager très tôt (vers 6 ans) l’augmentation de la vitesse car elle renforce la coordination nerveuse et le développement des programmes moteurs.

La force musculaire
- La force musculaire s’amplifie progressivement au cours de la croissance en fonction de l’augmentation de la masse corporelle. Avant la puberté, la force maximale des garçons et des filles reste assez proche.
- En moyenne, l’accroissement en force des filles culmine pendant les années de croissance maximale (11,5 à 12,5 ans) et celui des garçons un an après le pic de croissance (14,5 à 15,5 ans).
- L’amélioration de l’activation nerveuse et l’augmentation de la masse musculaire expliquent principalement l’augmentation de la force. Avant la période pubertaire, c’est essentiellement l’amélioration de l’activation nerveuse qui est obtenue.
- À condition de respecter certaines précautions, et de le soumettre à un examen médical très attentif préalable, au cours d’un programme de musculation bien conduit, l’enfant prépubère est donc capable d’augmenter sa force musculaire dans les mêmes proportions que l’adulte.

Croissance et activité physique
- À partir de 6 ans, la pratique d’activités physiques contribue au bon développement et au renforcement du squelette, des muscles et des articulations. Par les tensions musculaires exercées sur l’os, l’exercice raisonnablement pratiqué accroît l’épaisseur, la densité et la résistance des os, sans aucun effet sur leur croissance en longueur.
- Cependant, les charges excessives sur un système osseux, cartilagineux, ligamentaire et tendineux encore insuffisamment adapté aux tractions et pressions intenses, peuvent être préjudiciables à la santé de l’enfant. Les pratiques sportives extrêmes et les entraînements intenses et répétés qu’elles requièrent sont susceptibles de générer des stress psychologiques de compétitions et des microtraumatismes récurrents, qui, au même titre que des carences affectives et familiales, peuvent être à l’origine d’un blocage transitoire de la croissance en poids et en taille.
- Tous les cartilages de croissance n’ont pas la même importance mais tous fragiles et doivent être protégés dans la pratique du sport.

L'adaptation à l'effort
Dans les grandes lignes
- L’adaptation pulmonaire à l’exercice n’est jamais un facteur limitant chez l’enfant en bonne santé. Toutefois, l’asthme induit par l’exercice est plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte. Il est néanmoins paradoxal de constater que ce même exercice poursuivi dans de bonnes conditions peut guérir l’enfant.
- L’état d’équilibre cardiaque chez un enfant est atteint au bout de deux minutes environ, soit beaucoup plus vite que chez un adulte. A l’arrêt de l’effort, la récupération est plus rapide. Le rythme cardiaque chez l’enfant est très influencé par des facteurs internes, tels que le stress, l’émotion ou la peur et la fatigue.
- Le métabolisme :
- Avant la puberté, il n’y a pas de différences d’adaptation entre garçons et filles.
- Après la puberté, l’écart se creuse : les garçons sont souvent plus « endurants ».
- La Thermorégulation : le rapport surface de peau sur poids corporel de l’enfant est plus élevé que chez l’adulte. L’enfant est donc plus sensible lors de la pratique du sport en ambiance chaude. Risques de déshydratation, d’insolation, de coups de chaleur. Un séjour en altitude chez un enfant de 6 à 8 ans peut entraîner un danger venant de la température extérieure et de ses variations. Attention au rôle du vent lors de la pratique sportive.

En résumé
Jeux et activités physiques doivent être encouragés dans le cadre scolaire et en dehors, car l’école ne peut, seule, assurer à l’enfant toutes les activités nécessaires à son développement.
Ensemble “l’augmentation substantielle de la dépense d’énergie” recommandée par les autorités de santé publique, et la multiplication des expériences motrices nécessaires au développement psychomoteur, voire cognitif, de l’enfant, militent pour préconiser, au moins, une heure d’activité physique quotidienne, réalisée à des intensités les plus variées possible.
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Selon l’étude Esteban menée à l’échelle nationale (2017) :
- Seuls 18% des 6-10 ans pratiquent un niveau élevé d’activité physique, correspondant aux recommandations de faire au moins une heure d’activité physique quotidienne.
- Une large majorité des 6-10 ans, 55% des garçons et 60% des filles, ont un niveau d’activité physique modéré et 25% ont un niveau d’activité physique bas, quel que soit le sexe.
- En dix ans, le pourcentage d’enfants de 6-10 ans inactifs (niveau bas d’activité physique) a été multiplié par 5 chez les garçons et par trois chez les filles .

La moyenne enfance
La taille et le poids de l’enfant varient de façon considérable entre 6 et 9 ans. La croissance morphologique des enfants dépend principalement des facteurs génétiques, mais aussi du type d’alimentation. L'alimentation d'un enfant de 4 à 9 ans est particulièrement importante. A cet âge, l'enfant est en pleine croissance et a des besoins nutritionnels spécifiques, mais surtout c'est l'âge où les habitudes et les règles alimentaires se mettent en place.
A noter que selon l’OMS (2004), un enfant de 9 ans qui présente un surpoids et dont l’un des parents est obèse a plus de risque de souffrir d’obésité qu’un enfant du même âge dont les deux parents présentent un poids santé.
De 6 à 9 ans, il n’y a pas de différence de taille staturale (taille des os) entre les filles et les garçons. Par contre une différence sur le plan pondéral est visible dès 6 ans, les garçons possédant plus de muscle et les filles plus de tissus gras.
- A cet âge :
- l’enfant perd ses formes de bébé : apparition des points d’ossification complémentaires au niveau des membres inférieurs, permettant une meilleure locomotion, un meilleur équilibre du bassin.
- les côtes amorcent leur inclinaison.
- connexions de joints nerveux aidant la relation : « cerveau -mouvement », les acquisitions motrices se font à un rythme plus rapide.
- Perte des dents de lait

La grande enfance
La croissance se poursuit, et le corps se prépare à une forte poussée pubertaire.
Croissance staturale
A 9 ans, la croissance des filles et des garçons est encore similaire. A 10 ans, les filles deviennent légèrement plus grandes, la poussée de croissance des filles se produisant légèrement plus tôt que celle des garçons. Gain d’environ 5cm par an au début de la période, ce chiffre sera en augmentation au moment de la puberté.
A noter que le sport de haut niveau à cette période et selon comment il est pratiqué peut ralentir la croissance. Il faut être également vigilent aux zones cartilagineuses en croissance qui peuvent être abîmées par un entrainement trop intensif. Enfin, il faut veiller à une alimentation saine et équilibrée, afin que l’enfant reçoive tous les nutriments nécessaires à sa croissance.
Croissance pondérale
Le poids augmente de 3kg par an. La masse de tissu gras et de tissu maigre diffère toujours entre les filles et les garçons (pour un poids similaire). Il sera donc essentiel d’éduquer l’enfant à sa santé, notamment en informant sur les conséquences de la « malbouffe » et de l’inactivité.
De 9 à 12 ans
- Apparition des points d’ossifications
- des membres supérieurs permettant la rotation des poignets
- des membres inférieurs permettant une locomotion plus vive et active.
- Les côtes deviennent plus obliques permettant une plus grande amplitude respiratoire.
- Augmentation du volume du cœur et de l’appareil pulmonaire dans une cage thoracique qui demeure exiguë d’où une gène et une élévation du rythme cardiaque.
- La force musculaire est peu développée.
- Fait preuve d’une certaine endurance mais dépense son énergie de façon peu économique

4.2. Au niveau psychomoteur
Introduction
L’enfant, comme l’adolescent, a besoin de mouvements pour se construire.
Ce développement progressif fait appel à un ensemble de phénomènes physiques, psychiques, moteurs et énergétiques.
La multiplication des liaisons neuronales confère au cerveau sa formidable “plasticité”. Celle-ci dépend fortement de la quantité et de la qualité des sollicitations rencontrées par l’enfant. La motricité exigeant les mouvements les plus rapides, les plus précis et les plus spécialisés ne peut atteindre sa pleine efficacité que lorsque les coordinations neuromusculaires auront atteint leur plein état de maturité, vers l’âge de 6 ou 7 ans.
Si l’enfant ne réussit pas dans un apprentissage, il est probable que ses structures nerveuses et/ou musculaires n’ont pas atteint le degré de maturation nécessaire. Dans ce cas, il est inutile de le faire commencer trop tôt. À l’opposé, la période favorable passée, il lui sera de plus en plus difficile d’apprendre.
Les apprentissages multiples et la pratique de nombreuses activités physiques entre 6 et 11 ans assurent à l’enfant un développement harmonieux et lui offrent le choix de sa future activité. À ce niveau, l’adulte devrait pouvoir l’aider à être le plus pertinent possible. Il serait dommage d’enfermer cette grande “plasticité neuromotrice” dans une spécialisation précoce. Même en vue de pratiquer une seule activité physique ou sportive, il convient d’ouvrir, le plus largement possible, l’éventail des apprentissages. Car, comme l’ont montré plusieurs études, un enfant motivé pour pratiquer une activité physique ou un sport aura probablement plus de chance d’éviter la sédentarité et toutes ses conséquences délétères à l’âge adulte !

- Les progrès moteurs de l’enfant de 6-12 ans se manifestent de plusieurs façons complémentaires :
- La coordination des mouvements augmente (maîtrise des mouvements de l’écriture, manipulation de certains outils, exécution de certains mouvements gymniques, pratique de la danse...)
- La force s’accroît pendant cette phase de façon considérable (le goût pour les jeux violents, notamment chez les garçons, en est la preuve)
- La rapidité, la précision, l’endurance se développent d’une manière très marquée (jusqu’à 13-15 ans) et se manifestent dans les jeux de compétition.
- La période de 6-12 ans est l’âge scolaire. La vie en groupe y prend une importance croissante. Les possibilités motrices permettent aux enfants de se mettre en valeur et de se mesurer les uns aux autres.

Quelles activités sportives pour un enfant de 6-11 ans ?
- Idéalement, pendant cette période privilégiée des apprentissages, l’enfant devrait pratiquer, en alternance, une activité sportive de chacune de ces trois catégories complémentaires :
- celles développant une maîtrise des coordinations motrices, voire du comportement en général : judo, tennis, gymnastique, danse, patinage artistique…
- celles demandant une dépense énergétique importante : natation, course, cyclisme, ski
- celles contribuant à une meilleure socialisation : sports d’équipe.
Motricité globale- Moyenne enfance
Pour rappel : les enfants ne se développent pas tous au même rythme.
A 6 ans, les enfants maitrisent déjà la plupart des grands patrons moteurs : course, saut, lancer, coup de pied à ballon. L’équilibre est contrôlé : équilibre statique, sur un pied, et l’équilibre dynamique.

Plus les enfants grandissent, plus leurs performances motrices augmentent : accroissement de la vitesse d’exécution et amélioration de la coordination. Ainsi, les enfants maîtrisent davantage les activités physiques et acquièrent de meilleures connaissances de leur corps et de leur schéma corporel.
- A 6-8 ans, les garçons sont légèrement plus rapides que les filles (en raison du développement musculaire plus important)
- Les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons sur les activités de souplesse et d’équilibre. Les garçons eux, sont plus à l’aise dans les activités requérant de la force (saut, course, lancer)
- Le temps de réaction diminue entre 5 et 8 ans, en parallèle, la vitesse de mouvement augmente.
- Réception : après 5 ans, l’enfant commence à se déplacer en fonction de la trajectoire du ballon, si celui-ci ne vient pas à lui directement. On note encore ici, une différence fille – garçon.
- Avec une raquette : c’est l’habileté motrice la plus difficile à acquérir. En effet, l’ajout d’un élément extérieur (raquette) modifie la longueur du bras de l’enfant. De plus, il faut ajuster son déplacement, la trajectoire de l’instrument à celle de la balle. On parle d’anticipation coïncidence. Il est alors fréquent que l’enfant rate la balle ou le volant.
- A 5-6 ans, l’enfant dribble bras tendu.
- A 7-8 ans, il commence à fléchir le bras et se déplace en marchant. Puis l’enfant parvient à se décentrer visuellement du ballon pour se centrer sur les joueurs.
- Des difficultés perdurent encore sur le plan spatio-temporel : par exemple, il est encore difficile de faire une passe à un partenaire en mouvement. Dans ce domaine, les progrès seront plus importants sur la période 9- 12 ans.
- Dribble :
À cet âge l’enfant est capable :
- de sauter à pieds joints sur une distance de 60 cm environ
- de faire 10 sauts sur un pied en restant sur place ou en avançant;
- de sauter d’une hauteur de 1 mètre;
- pédaler sur une bicyclette;
- coordonner plusieurs mouvements, comme bouger les bras et sauter en même temps, sans perdre le rythme;.
- de jouer avec un ballon et le lancer avec force et précision;
- d’attraper une balle d’une main;
- de lancer une balle sur une cible;
- de frapper un ballon du pied en se déplaçant dans différentes directions;
Comment aider l’enfant à progresser?

Motricité globale- Grande enfance
À partir de 8 ans, le développement moteur primaire des enfants est bien établi et c'est à ce moment-là que les écarts vont se creuser : c'est le moment du perfectionnement.
La pratique et les exercices vont permettre aux enfants d'améliorer leur capacité de transformation du mouvement (par exemple, réagir rapidement au cours d'une partie de foot), leur capacité d'orientation ou encore la coordination main-œil. Et bien entendu, l'exercice et l'activité physique restent très important pour permettre aux enfants de bien grandir.
La coordination des mouvements est en fin d’acquisition. L’équilibre s’assure. C’est la meilleure période pour une acquisition rapide de nombreux automatisme (danse, ski…) : on appelle cette période l’âge d’or des apprentissages moteur.
Ils accèdent à une image corporelle précise. L’attention peut être soutenue. L’immobilité voulue devient possible pendant un assez long moment.

Sur le plan moteur :
- Les performances et la qualité du geste s’améliorent.
- Les tâches motrices réalisées sont proches de celles des adultes.
- La maturation neuromusculaire permet une coordination motrice plus efficace.
- La force, la résistance et l’endurance musculaires augmentent régulièrement.
- La souplesse articulaire aura tendance à diminuer si elle n’est pas entretenue.
- Les performances des garçons deviennent légèrement supérieures à celles des filles, mais les habiletés motrices sont néanmoins équivalentes.
- La dextérité manuelle s’améliore également.
- Le schéma corporel (conscience que nous avons de notre corps et des éléments qui le compose) est intégré, mais il est soumis en permanence à des changements dus à la croissance, l’enfant doit alors en permanence se le réapproprier.
- Sur le plan de l’organisation spatiale : l’enfant commence à maitriser l’espace métrique ce qui lui permet maintenant d’utiliser la boussole, de comprendre une carte, un plan et les échelles utilisées.
- Sur le plan temporel, l’appréciation d’une durée n’est pas toujours maîtrisée (elle dépend de l’intérêt pour la tâche à accomplir et de la quantité de changements vécus pendant ce laps de temps) D’où l’intérêt de donner du sens et du dynamisme à l’activité proposée…
- L’organisation spatio-temporelle s’améliore grandement et permet de mieux maitriser l’anticipation-coïncidence. Les activités de raquettes peuvent être pratiquées avec moins de difficultés à cet âge. Les passes en sports avec ballon deviennent plus précises.
Comment aider l'enfant à progresser ?


Motricité fine
C'est vers 6-7 ans que les petits muscles vont réellement commencer à se développer. Les enfants démarrent l'écriture et cela va leur demander de sacrés efforts au niveau des muscles de la main. Cela peut s'avérer plus difficile pour certains que pour d'autres et s'entrainer un peu chaque jour, mine de rien, ça peut aider.
Le développement de la motricité fine signifie que l’enfant utilise certains petits muscles des doigts et des mains pour faire des mouvements précis afin de prendre et de manipuler de petits objets. Il apprend aussi à utiliser ses deux mains en même temps pour effectuer des tâches manuelles.

À cet âge :
- l’enfant est capable de reproduire la plupart des lettres de l’alphabet, en suivant des lignes. Il se peut toutefois qu’il forme certaines lettres à l’envers;
- les dessins de ses personnages sont précis, il y ajoute beaucoup de détails et respecte davantage les proportions : maman et papa sont plus grands que les enfants, le chien est plus petit que l’enfant, la maison est plus haute que tous les personnages, etc.
- il positionne ses doigts sur les ciseaux de façon à en faciliter l’utilisation et il peut découper plusieurs formes en suivant des lignes de contour;
- il peut reproduire une scène réaliste en dessin, autant dans les détails que dans les proportions. Vers 8 ans, il commence à dessiner des personnages de profil;
- il peut découper des formes complexes comprenant autant des angles que des formes courbes;
- il est capable de reproduire des pliages comme ceux en origami.
Comment aider l’enfant à progresser?
Vous pouvez favoriser le développement de sa motricité fine dans votre quotidien par ces gestes simples :

4.3. Au niveau social
Le développement social d’un enfant désigne sa capacité à se faire des amis et à s’entendre avec les autres, à travailler en équipe et à être un bon meneur. Toutes ces habiletés reposent sur l'estime de soi, la confiance en soi et la coopération avec les autres.

A l’âge de 2 ans, seulement 10% des interactions sociales impliquent d’autres enfants, à partir de 6 ans, la proportion grimpe à plus de 30%. L’enfant développe donc sa compétence sociale (capacité à interagir efficacement avec autrui - Dodge 1985)
Moyenne enfance

À cet âge :
- l’enfant a encore tendance à se lier d’amitié davantage avec ses camarades du même sexe que lui. La notion de « meilleur ami » prend de l’importance;
- le jeu a un rôle majeur dans la construction des compétences sociales. On observe encore une ségrégation sexuelle sur ces temps de jeu « les filles avec les filles, les gars avec les gars » En situation de jeu, les filles ont tendance à s’expliquer et à utiliser des stratégies de coopération, tandis que les garçons sont susceptibles de privilégier des stratégies liées au pouvoir comme l’influence verbale, le contact… ;
- il est beaucoup moins égocentrique dans ses relations avec les autres. Il peut, par exemple, jouer le rôle de médiateur dans un conflit entre 2 autres enfants;
- il aime faire partie d’un groupe et il s’identifie à ses pairs; Il reconnaît les intérêts qu’il a en commun avec ses amis;
- il comprend la notion d’être « accepté » dans un groupe ou d’en être « rejeté »; en effet, certains enfants sont populaires quand d’autres ne le sont pas, pour de multiples raisons (faible estime de soi, peu d’habiletés sociales…). Ils peuvent être négligés (ignorés par leur pair) ou rejetés (repoussés par leurs pairs, ils adoptent souvent des comportements agressifs).
- il aime travailler en équipe et comprend ce que chacun peut apporter; il est capable de coopération.
- il peut développer une tendance à rapporter à l’adulte les situations où il y a non-respect des règles établies ;
- il est influençable et peut facilement être entraîné par d’autres dans des actions positives comme négatives.

Peu à peu, il commence à :
- comprendre le sens et l’importance des règles en société et l’impact de leur non-respect;
- faire preuve d’un respect réfléchi envers les autres. Il est plus conscient de leurs qualités et de leurs défauts.
- offrir de l’aide spontanément à autrui, enfant comme adulte;
- s’impliquer activement dans les jeux et activités de groupe;
- bien comprendre son rôle dans un groupe, (s’il est davantage un meneur ou un participant par exemple).
- faire preuve de leadership dans un groupe. S’il est suffisamment confiant en ses capacités, il peut influencer d’autres enfants avec qui il est en lien.

Comment l’aider à progresser?

Vidéos amitiés :
Grande enfance

A cet âge,
- l’enfant mène une vie sociale intense. C’est l’âge où chacun donne au groupe tout ce que le groupe attend de lui. Les groupes se forment avec des règles à respecter par tous et la possibilité d’exclusion si elles ne sont pas respectées. Les groupes deviennent homogènes tant par l’âge que par le sexe. La bande se forme spontanément selon la personnalité de chacun ;
- le régime de la bande est plutôt autocratique: le meneur règne, les autres acceptent. L’enfant en adopte les valeurs, les opinions et le mode de vie, qui peuvent être en opposition avec les principes de base en sécurité. « Parce que leurs amis le font », ils peuvent, par exemple, aller jouer dans une zone où a eu lieu un glissement de terrain, se promener dans un lieu circonscrit par balisage indiquant la présence d'un danger, etc. (d’où l‘importance du contrôle de l’adulte) ;

- C'est vers 11 ans que l'enfant va commencer à manifester de l'intérêt pour l'autre sexe ;
- les amitiés reposent désormais sur une connaissance plus intime de l’autre, qui peut être différent ou complémentaire, même si les similitudes sont encore recherchées ;
- le goût de la compétition se développe; l'enfant doit apprendre à gagner pour soi en donnant le meilleur de lui-même et non pas pour écraser les autres.

- l’enfant admire les personnes célèbres, il a des idoles ;
- S'affirmant comme des êtres agissant dans le monde, les jeunes de 10 à 11 ans sont de plus en plus prêts à s'engager, à poser des gestes concrets et à adopter une attitude citoyenne face aux multiples enjeux sociaux et environnementaux. Par leurs gestes, ils veulent désormais être considérés comme des acteurs qui ont une opinion et qui posent un jugement critique sur eux-mêmes et sur les autres.

Comment l’aider à progresser ?


4.4. Au niveau affectif

Le développement affectif signifie que l’enfant manifeste plusieurs émotions, de la tristesse à la joie en passant par la colère, et qu’il apprend à les maîtriser et à les exprimer. Cette étape l’aide à bâtir son estime et l’amène à développer des qualités plus profondes, comme la sympathie, la compassion, la résilience, l’affirmation de soi et l’empathie, de même que la capacité d’affronter la vie.
Moyenne enfance

À cet âge,
- l’enfant arrive à exprimer son insatisfaction, sa colère ou sa tristesse principalement par la parole; il est capable de différencier plusieurs émotions semblables, par exemple : déception et tristesse, joie et fierté, colère et jalousie…
- l’enfant est capable de tolérer un plus grand délai avant qu’on réponde à ses demandes; avec plus de calme et de patience ;
- il a une vision plus réaliste de lui-même. Il est conscient de ses forces, mais aussi de ce qu’il doit améliorer;
- il est capable d’anticiper avec plus de réalisme des événements à venir : une activité, des vacances, un anniversaire, etc.
- il devient plus compétitif. Il peut lui arriver de réagir avec excès, autant aux réussites qu’aux échecs; mais apprend peu à peu à contrôler ses réactions.
- il comprend mieux les notions de bien et de mal et saisit davantage les conséquences autant positives que négatives de chacune. Il comprend aussi ce qu’est un mensonge et l’impact qu’ont ses gestes sur les autres;
- il peut encore être difficile pour lui de faire des choix qui ont une conséquence future puisqu’il n’arrive pas toujours à en évaluer l’impact.

Peu à peu, il commence à
- être capable d’autonomie dans des tâches simples qu’il connaît bien : quand on lui demande par exemple de ranger son sac, d’installer le matériel, de mettre une tenue adaptée.
- faire preuve d’autocritique : il est capable de voir ce qu’il a fait de bien ou de moins bien dans une situation, avec l’aide d’un adulte; il peut vivre de la culpabilité quand il considère qu’il a mal agi;
- être moins centré sur lui-même : il aime faire plaisir aux autres, par des gestes ou de petites attentions. Il constate l’impact positif qu’ont ses actions chez les autres;
- se comparer à ses pairs. Son estime de soi est encore fragile. Il peut se dévaloriser ou se décourager dans une activité ou une tâche où il se sent moins compétent que d’autres enfants.
- comprendre, vers 8 ans, la notion de justice ou d’injustice. Cette notion prend de l’importance pour lui.
La relation parents-enfants


Comment l’aider à progresser ?
Chaque enfant a ses forces et ses points à améliorer dont il est de plus en plus conscient. Vous pouvez favoriser son développement affectif au quotidien par ces gestes simples :

Grande enfance

A cet âge
- l’enfant vit avec une intensité considérable tout ce qu’il fait. Il est actif, ouvert, réceptif, enthousiaste, a une soif d’actions et d’expériences. Il n’est pas nuancé et peut manquer totalement de mesure.
- l’enfant est persévérant pour atteindre ses objectifs. Toutefois il faut garder à l'esprit que l'enfant ne naît pas persévérant mais que la persévérance s'enseigne, même si cela est difficile. II faut aider les enfants à trouver des activités qui les passionnent suffisamment pour les pousser à faire des efforts et les accompagner à ne pas abandonner.
Le succès consiste en grande partie à continuer, à s’accrocher, surtout après que les autres aient lâché”.
-William Feather-
- l’enfant fait des efforts pour se conformer aux règles morales, prend des décisions et des responsabilités.
Peu à peu,
- il acquière un bon contrôle émotionnel, caractère d’équilibre, d’assurance, de maîtrise.
- il entre dans la préadolescence. L’enfant remet de plus en plus en question le modèle et les valeurs de l’adulte. Il éprouve le besoin de se distancier de l’adulte et à la fois, le parent demeure son référent, sa base de sécurité. Les enfants ont envie de passer davantage de temps avec leurs copains.
- L’enfant amorce la construction de son identité.
- Certains enfants redeviennent égocentriques en raison des changements provoqués par l’approche de la puberté et la peur du regard des autres.

Attention au pouvoir des médias!

Comment l’aider à progresser ?


4.5. Au niveau cognitif

Pendant la période de l'école élémentaire, les capacités cognitives de l’enfant progressent de manière importante. Les changements survenant sur le plan cognitif ont un impact considérable sur les autres aspects du développement de l’enfant, notamment sur les plans affectif et moral. Au sein de l'éducation nationale, le cycle 2, cycle des apprentissages fondamentaux correspondrait à la moyenne enfance et le cycle 3, cycle des approfondissement correspondrait à la grande enfance. Le cycle 2 couvre la période du CP au CE2, tous les enseignements interrogent le monde. La maîtrise des langages, et notamment de la langue française, est centrale. L’acquisition des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui) est la priorité. Le cycle 3 relie les deux dernières années de l’école primaire (CM1 et CM2) et la première année du collège (6ème), dans un souci renforcé de continuité pédagogique. Ce cycle a une double responsabilité : consolider l’acquisition des savoirs fondamentaux qui conditionnent les apprentissages ultérieurs; permettre une meilleure transition entre l’école primaire et le collège. Les élèves sont encouragés à s’exprimer et à communiquer.
Le stade des opérations concrètes selon Piaget
La pensée opératoire
Entre l’âge de 5 et 7 ans, selon Piaget, les enfants entrent dans le troisième stade cognitif. Il s’agit du stade durant lequel l’enfant accède à une pensée logique même « la pensée opératoire ».
Cette pensée demeure toujours ancrée dans le réel de l’ici et maintenant (le monde concret). L’enfant est capable d’utiliser des opérations mentales pour résoudre uniquement des problèmes réels et concrets. Le stade des opérations concrètes se poursuit jusqu’à l’âge de 12 ans environ.
L’enfant est maintenant plus habile qu’au stade précédent (stade préopératoire). Ainsi :
- il peut manipuler des nombres et les classer;
- il comprend la notion de temps et d’espace;
- il distingue la fiction de la réalité;
- il peut tenir compte de plusieurs aspects d’une situation;
- il comprend le caractère réversible de la plupart des opérations physiques;
- il comprend mieux maintenant les notions d’espace et de temps, de causalité, de catégorisation, de raisonnement inductif et déductif, et de conservation.
Le raisonnement inductif et le raisonnement déductif
- Le raisonnement inductif
L’enfant démontre un raisonnement inductif lorsqu’il fait preuve d’un raisonnement logique qui émane d’observations précises sur des membres d’une classe (animaux, individus ou objets, etc.) pour le généraliser en une conclusion au sujet de cette classe. Exemple :Lucie conclura que son chat miaule, car celui de Sébastien miaule aussi, ainsi que celui de Pierre. Donc, il semble que tous les chats miaulent.
- Le raisonnement déductif
Le raisonnement déductif quant à lui, signifie que l’enfant est capable de tirer des conclusions particulières à partir de certaines informations plus générales. Exemple :Tous les chats miaulent, Milou est un chat, donc Milou miaule.

La conservation
L’enfant prend conscience maintenant qu’une quantité de matière demeure identique malgré la transformation de son apparence, dans la mesure où rien n’est ajouté ni enlevé comparativement au stade préopératoire.
Ainsi, si on a deux boules de pâte à modeler de même grosseur et que l’on roule ou pétrit l’une des deux pour lui donner une forme différente, par exemple une forme de serpent, Paul, âgé de 7 ans, dira que les deux contiennent la même quantité de pâte à modeler.
À l’âge de 6 ou 7 ans, l’enfant comprend la conservation relative à la substance et au nombre.
À 9 ou 10 ans, il assimile la conservation du poids. Celle du volume suit généralement vers 11 ou 12 ans.
Les nombres et les mathématiques
Vers 6 ou 7 ans l’enfant peut compter dans sa tête et faire des additions simples (5+3) (8+2), etc.
Vers 9 ans il peut faire des soustractions.
Entre 6 et 12 ans l’enfant adore les résolutions de problèmes simples présentés sous forme d’histoire. Exemple : Mathieu a 5 euros et il est allé à l'épicerie et a acheté pour 2 euros de bonbons. Combien d’argent lui reste‑t‑il?
Le développement du langage : la communication
Chercheurs, cliniciens, enseignants, éducateurs et parents s’entendent tous pour affirmer que le développement langagier de l’enfant d’âge scolaire connaît un essor considérable à cette période. Cette acquisition a des répercussions sur tous les aspects de son développement, et ce, bien au‑delà de la dimension purement langagière.
L’enfant est maintenant capable de mieux saisir et d’interpréter les messages. Il réussit à mieux se faire comprendre.
Le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe

Le vocabulaire de l’enfant d’âge scolaire prend beaucoup d’expansion :
Il emploie de plus en plus des termes précis.
Il sait qu’un mot peut avoir plus d’une signification.
Il utilise les figures de styles comme par exemple, les comparaisons.
Malgré une bonne maîtrise de la langue et l’utilisation d’une grammaire assez complexe, en se servant d’un vocabulaire de quelques milliers de mots, l’enfant de 6 ans est loin de saisir les subtilités des règles pour structurer ses phrases.
Jusqu’à l’âge de 9 ans et peut-être plus, l’enfant approfondit sa compréhension de la syntaxe (l’organisation des mots dans la phrase). Toutefois, l’âge d’acquisition d’une même structure syntaxique peut varier considérablement.
Même si leurs aptitudes à communiquer oralement sont excellentes, les enfants éprouvent encore des problèmes. Ils ont souvent une interprétation erronée des messages émis par les autres. L’adulte ne doit donc jamais tenir pour acquis que l’enfant comprend tout. Cependant, il doit trouver des stratégies pour vérifier son niveau de compréhension.
A l'entrée au CP les enfants sont d’abord appelés à maîtriser certaines habiletés de prélecture. Ils doivent comprendre que le langage est un moyen de communication, réaliser que les mots sont composés de sons distincts et être capables d’associer les sons aux lettres ou aux combinaisons de lettres. Ils apprennent à déchiffrer des mots, des phrases et à donner du sens à ce qu'il lit.

La capacité à communiquer
- Entre 6 et 12 ans l’enfant progresse au niveau de l’utilisation du langage pour communiquer.
- À 6 ou 7 ans l’enfant raconte des histoires qui se rapportent souvent à ses expériences personnelles.
- À 7 ou 8 ans les histoires racontées sont plus longues et plus complexes. Le vocabulaire est plus diversifié qu’auparavant.
- Plus tard l’enfant ajoutera des éléments à ses histoires, comme un changement de temps, de lieu. Les détails sont moins superflus. Il se concentre de plus en plus sur des pensées, des personnages et sur la résolution de problème.
Mémoire, capacité d'apprentissage et désir d'explorer

Le développement de la mémoire
La mémoire se développe considérablement durant l’enfance. Elle peut être sensorielle (liée aux 5 sens), à court terme ou à long terme. Le temps de réaction s’améliore et la vitesse de traitement de tâches mentales, telles que faire correspondre des images, additionner des nombres mentalement et se souvenir d’informations spéciales, augmente rapidement.
La capacité d’apprentissage est de plus en plus grande
À 9 ans, on constate une augmentation de la capacité :
- de mémorisation;
- d’attention;
- de concentration;
- de faire des hypothèses;
- de faire des abstractions d’informations non pertinentes.
Le désir d’explorer
- L’enfant aime découvrir, résoudre des problèmes, démonter des objets pour voir comment ça fonctionne, etc.
Comment aider l'enfant à progresser?

| En apportant des réponses à ses questions et en créant les conditions favorisant le questionnement. | L'enfant est curieux, il s'intéresse à tout il faut donc préserver cette curiosité et la stimuler. |
| En l'aidant à faire une recette, à mesurer en athlétisme, | L'enfant apprend les différents outils de mesure |
| En lui demandant d'expliquer les règles d'un jeu, | L'enfant développe sa capacité de raisonnement et de stratégie nécessaire pour accumuler des points et gagner. |
| En lui demandant de raconter un événement passé vécu ensemble, | L'enfant développe sa mémoire et sa capacité à raconter les choses. |
| En l'invitant à créer des objets avec du matériel de récupération, | L'enfant développe sa capacité d'abstraction, c'est-à-dire d'imaginer un objet qui n'est pas encore construit. |
| En insistant sur les bonnes habitudes alimentaires et d'hygiène, ainsi que l'échauffement avant le début d'une activité physique, | L'enfant acquière les connaissances nécessaires pour assurer son bien-être. |
4.6. Retour sur la vidéo d'introduction
Suite à la réalisation de la première partie du parcours, nous vous proposons de visionner à nouveau la vidéo d'introduction avec nos commentaires. Vous pourrez alors vérifier si vous aviez relevé les éléments les plus importants lors du premier questionnaire d'approche du sujet.
4.7. Résumé
Suite à la présentation des caractéristiques de l'enfance, nous vous invitons à visionner les 2 vidéos de résumé ainsi que le tableau récapitulatif.
La moyenne enfance
La grande enfance
Tableau de synthèse
5. Recommandations pédagogiques
L’enfant doit être considéré dans sa globalité. L’objectif est de lui permettre de grandir à son rythme et de construire son identité propre, tout en vivant des temps collectifs.
Il est important de prendre en compte les spécificités de la moyenne enfance et de la grande enfance.
- Il est plus facile de captiver les 6-9 ans que de surprendre les 10-12 ans.
- Les 6-9 ans ont besoin d’être encadrés. Pour eux tout passe par le jeu, il faut avoir une grande culture générale pour répondre à toutes leurs questions. Ils rentrent facilement dans les activités.
- Quant aux 10-12 ans, il faut que le contenu de l’animation soit solide pour réussir à les faire participer. C’est l’âge invincible, insaisissable. C’est la période des grands copains. Ils sont très attirés par la consommation. Ce qui compte le plus c’est le sport et la dépense physique.
5.1. L'estime de soi
L’enfant adopte un comportement reflétant la façon dont il se perçoit. À partir de 6 ans, l’estime qu’il a de lui-même est particulièrement importante, car il doit faire face à de nombreux défis. Il doit, entre autres, devenir de plus en plus autonome et apprendre à lire, à écrire, à calculer... Cette période est riche en apprentissages et l’enfant a besoin d’avoir confiance en lui.
Les termes « confiance en soi » et « estime de soi » sont souvent utilisés comme synonyme. Il y a toutefois une différence entre les deux, même s’ils sont reliés. Pour avoir une bonne estime de soi, il faut d’abord avoir confiance en soi. Le sentiment de confiance, c’est croire en ses capacités de réussir. L’estime de soi repose plutôt sur la conscience de sa valeur personnelle. Ainsi, c’est apprendre à connaître ses forces et ses faiblesses et s’accepter tel qu’on est. C’est comprendre qu’on a de la valeur, même si tout ce qu’on fait n’est pas parfait. Bref, c’est s’apprécier tel qu’on est.
Un enfant qui a une bonne estime de soi peut :
- avoir une vision juste de qui il est et ne pas se surévaluer ni se sous-estimer;
- déterminer ce qui le différencie des autres;
- faire des choix;
- exprimer ses besoins, ses sentiments, ses idées et ses préférences;
- se fixer des objectifs réalistes;
- avoir confiance en l’avenir;
- oser prendre des risques et se donner le droit à l’erreur;
- ne pas perdre sa motivation à apprendre et à avancer;
- avoir des relations positives avec les autres;
- se faire confiance et faire confiance aux autres;
- se faire respecter.
En tant qu’éducateur, vous avez une grande influence sur les enfants. Cliquez sur la carte mentale ci-dessous. Initialement destinée aux parents, elle vous donnera des clés pour aider l’enfant à construire son estime de soi.

5.2. Choix de l'activité extrascolaire et perte de motivation
Entre les activités sportives et culturelles, il n’est pas toujours facile pour l’enfant de faire un choix. A cet âge, les goûts de l’enfant s’affirment, il doit être capable de décider de certaines choses le concernant. Il faut lui faire confiance: la liberté de choix est constructive. Pratiquer une activité qui lui correspond lui permet de se réaliser et de prendre conscience que la vie n’est pas que contrainte.
Rentrée scolaire : quel sport choisir pour son enfant?
Le parent va souvent choisir pour l’enfant en se projetant sur ce qu’il pense lui convenir le mieux, parfois l’orienter. L’enfant est alors contraint de pratiquer une activité qu’il n’a pas choisie. De plus, dans un souci de donner à son enfant tous les atouts pour sa réussite, les parents ont parfois tendance à surcharger l’emploi du temps de leur enfant au risque de l’épuiser et de le voir se détourner de l’ensemble de ses activités. Il vaut mieux une activité pratiquée avec plaisir que plusieurs sans aucun élan. Il faut privilégier l’activité qui le motive le plus (même si ce n’est pas celle où il excelle). Le rythme scolaire étant très soutenu, il faut lui donner la possibilité de se poser, lui laisser de l’espace pour le jeu libre, la créativité. Il doit apprendre à s’occuper seul et à devenir ami avec le temps et l’oisiveté.
La personnalité de l’éducateur a une place importante dans la motivation. La relation entre l’adulte et l’enfant est primordiale, l’éducateur doit créer les conditions favorables pour maintenir la motivation et permettre aux enfants de progresser. Les enfants ont des attentes bien précises sur le rôle de leur entraîneur et savent les verbaliser :
L’éducateur peut toutefois proposer des séances en prenant en compte les caractéristiques de son public, de ses attentes, de ses besoins et être confronté à un manque de motivation.
- L’enfant peut simplement manquer d’entrain en fin d’année civile après seulement quelques semaines d’activité à cause du mauvais temps (l’entraînement dehors en plein froid ne lui dit rien de bon), des jours moins longs et moins lumineux, des journées scolaires fatigantes ;
- Son activité est peut-être programmée à un moment où il avait l’habitude de faire autre chose ;
- Les enfants actuels sont habitués à une satisfaction rapide et souvent sans effort. La frénésie éprouvée en début d’année, pour cette nouvelle discipline, peut s’être étiolée. Il commence à s’apercevoir qu’il n’est pas aussi doué que cela et qu’il va falloir redoubler d’efforts s’il veut progresser. Et là, ça devient tout à coup beaucoup moins marrant ;
- L’activité ne lui convient réellement pas, l’enfant ne se sent pas à sa place ;
- L’absence d’un copain qui a déjà abandonné a eu raison de sa motivation.
Il est important d’être attentifs au signe de démotivation (l’enfant traîne les pieds, il oublie ses affaires, l’absentéisme s’installe, il manque d’entrain…) et d’être en capacité de discuter avec l’enfant pour comprendre ce qui se joue et apporter une réponse en conséquence. Posez-lui des questions autour de sa motivation : « Je sens que tu as moins d’enthousiasme pour l’activité, est-ce que je me trompe ? » ou encore "Dans l’activité qu’est-ce qui t’amuse et qu’est-ce qui t’amuse moins ?" C’est un bon moyen pour voir ce qui peut être aménagé afin de remotiver l’enfant et éviter qu’il n’abandonne. Il ne faut pas hésiter à aller discuter avec les parents si cette démotivation s’installe durablement.
Si l’enfant a la possibilité de choisir son activité, il se limitera souvent à ce qu’il connaît, qu’il aime ou sait faire, il est important d’élargir le champ de perception de l’enfant. Il appartient à l’éducateur, à l’animateur de l’accompagner dans la découverte de nouvelles activités et de nouveaux talents. Il faut proposer des activités qui obligeront l’enfant à sortir parfois de sa zone de confort.
5.3. Préconisations pour l'accueil de l'enfant
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Rentrée scolaire : quel sport choisir pour son enfant?
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Le « vivre ensemble»
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Adopter une attitude favorisant l'estime de soi de l'enfant
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Contrer les comportements d'agression
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6. Médiathèque
Afin d'aller plus loin sur la tranche d'âge de la petite-enfance, nous vous mettons à disposition une série de ressources :
- liens internet
- vidéos complémentaires, etc.
Enseigner la valeur de la persévérance aux enfants leur permet de grandir en sachant qu'ils peuvent mener de grandes choses.
La pandémie du coronavirus a contraint les services d’éducation et d’accueil pour enfants d’introduire un grand nombre de nouvelles règles (taille maximale des groupes, distance physique, port du masque obligatoire, ...) et de modifier un certain nombre d’habitudes (par ex. buffet en libre-service) et de pratiques (travail en milieu ouvert avec espaces à thèmes).
Quels jeux proposer aux enfants entre 6 à 11 ans ? - Quel jeu pour quel âge ?