Les personnes en situation de handicap

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Livre: Les personnes en situation de handicap
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Date: jeudi 5 février 2026, 09:05

1. Accueil

Bienvenue sur le module "PESH" (personnes en situation de handicap).

  • Le module dure environ 1h30.
  • Il s'adresse à tous les stagiaires des diplômes Jeunesse et Sports.
  • Ce parcours est validé par une série de quizz et d'activités qui vous permettront d'obtenir "le badge PESH".

2. De quoi parle-t-on?

Nous allons aborder dans les points ci-dessous divers aspects en lien avec le handicap, puis les modalités de développement d'une offre sportive à destination des PESH.

2.1. Etymologie

2.2. Le handicap?

Les modèles pour penser le handicap

Afin de mieux comprendre la notion de handicap, nous vous proposons 2 modèles. En effet, le handicap ne définit pas la personne mais il s'agit d'une résultante de différents facteurs.

La Classification de WOOD (1980)

La classification de Wood constitue un bon tremplin pour comprendre la notion de handicap.

Wood définit trois niveaux dans une personne :

  1. L’organisme, le corps, la dimension biologique, qui supporte une déficience (par exemple, une déficience du nerf auditif).
  2. La personne, en tant qu’individu, la dimension fonctionnelle, qui supporte une incapacité (par exemple, une incapacité à entendre).
  3. La personne en tant qu’être social, sujet psychique. C’est la dimension sociale, dans laquelle on exerce des rôles (être élève, être copain, être enfant de, être parent, être client…). Ces rôles ne peuvent être joués qu’au sein d’une situation, dans les interactions avec l’environnement. A ce niveau, la personne supporte un désavantage.

C’est seulement au 3ème niveau, celui de la personne en tant qu’être social, que le handicap émerge. Le handicap, c’est la possibilité, ou plus exactement l’impossibilité, de tenir les rôles sociaux que tout un chacun est amené à jouer au cours de sa vie. Etre handicapé, c’est être empêché dans sa vie sociale, cela provoque une grande souffrance, et cela est très préjudiciable, notamment pour les enfants, dans toute la sphère psychologique.

Le handicap est créé par l’environnement, par nous tous, même s’il découle à l’origine d’une déficience. De ce fait, on peut agir à deux niveaux : au niveau de la personne (on peut tenter de guérir une déficience, on peut compenser une incapacité, par des moyens techniques ou par des apprentissages spécifiques comme le braille ou la LSF, etc.), et au niveau de l’environnement, qui se doit d’être adapté de manière à ce que le handicap soit réduit à son minimum.

Le handicap dépend donc de la réponse de l’environnement, du fait que l’environnement s’adapte ou non aux incapacités de la personne, facilite ou non la vie dans la société (par exemple, les bouteilles de vin et les boîtes de médicaments portent aujourd’hui des étiquettes en braille ; par contre, des bâtiments privés et publics, comme des écoles, sont encore inaccessibles pour des personnes en fauteuil roulant).

  • Au sens social, être handicapé, être différent, c’est être anormal

Dans nos esprits, spontanément, on va dire d’une personne qu’elle est handicapée, on va lui attribuer une étiquette, en nous référant implicitement à une norme, au sens statistique, qui reflète la moyenne des capacités des individus de notre société. Normalement, on voit. Normalement, on marche, on entend…

Mais la normalité dans le sens commun, c’est aussi la bonne santé. Donc, on a tendance à considérer que si être handicapé c’est être anormal, c’est aussi être en mauvaise santé. Les théoriciens ont donc commencé à étudier les composantes de la santé, pour mieux définir le handicap.

La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIH-2)

À partir de 1997, devant la demande pressante de nombreux professionnels de la réadaptation, et des milieux associatifs, l’OMS a entreprit la révision de la CIH, qui malencontreusement transformée en Classification des "désavantages" accentuait les effets de stigmatisation.

La CIH-2, adopté, en mai 2001, par l'Assemblée mondiale de l'OMS, sous l'intitulé : "Classification du fonctionnement, des handicaps et de la santé" (CIF).

La CIH-2 s'est éloignée d'une classification des « conséquences de la maladie » (version de 1980) pour proposer une classification des « composantes de la santé ».

Les « composantes de la santé » définissent ce qui constitue la santé, alors que les «conséquences» se focalisent sur l'impact de la maladie ou tout état de santé qui peut en résulter.

Ainsi, la CIH-2 adopte une position neutre par rapport à l'étiologie.

Pour permettre d'étudier les déterminants de la santé et les facteurs de risque, la CIH-2 comprend une liste de facteurs environnementaux qui permettent de décrire le contexte dans lequel vit chaque personne.

On y distingue cinq niveaux :

  • Les fonctions organiques : elles désignent les fonctions physiologiques des systèmes organiques (y compris les fonctions psychologiques).
  • Les structures anatomiques : elles désignent les parties du corps humain, telles que les organes, les membres et leurs composantes
  • Une activité signifie l'exécution d'une tâche ou le fait pour une personne de faire quelque chose.
  • La participation signifie l'implication dans une situation de la vie réelle.
  • Les facteurs environnementaux constituent l'environnement physique, social et attitudinal dans lequel les gens vivent et mènent leur vie.

Il devient donc indispensable de connaître l’environnement et les conditions de vie et de travail d’une personne pour déterminer son handicap et ainsi définir avec précision ses besoins et les aides qui lui sont nécessaires pour réajuster l’individu à son groupe d’appartenance.

2.3. Définition

La loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février 2005 :

Elle donne la définition du handicap suivante :

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dan son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentale, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

Elle renforce l’idée que la personne handicapée a accès aux mêmes droits que tous. Pour cela, elle doit pouvoir accéder si elle le souhaite à une scolarité ordinaire, à un travail ou à une activité sportive. Pour la première fois, le sport devient un DROIT pour les PESH.

Pour aller plus loin :

2.4. Quiz

Merci de compléter le questionnaire suivant (en cliquant le sur l'image) pour évaluer vos connaissances;

3. Catégories de handicap et recommandations pédagogiques

Les PESH constituent une catégorie, à l’intérieur de laquelle les populations sont extrêmement diversifiées. Elle a été construite davantage en fonction d’objectifs et de contraintes administratives qu’en fonction des caractéristiques des populations concernées. Les catégories servent ainsi à organiser l’action publique selon des critères administratifs « objectivés ». Mais il faut aussi se rendre compte qu'elles ont des effets sur les personnes et sur le regard qu’on porte sur elles, les assimilant à une définition donnée par la catégorie

Concernant les personnes en situation de handicap, les catégorisations, si elles sont aujourd’hui les instruments d’une discrimination positive, ont été par le passé les instruments d’une mise à l’écart, d’une relégation, d’une exclusion, quand elles n’ont pas été les instruments de politiques eugénistes et d’extermination dans les pires moments de l’histoire.

Alors faut-il supprimer le handicap comme catégorie et objet de catégorisation ? « Probablement aurons-nous aussi à abandonner, dans un avenir plus ou moins proche, le terme handicap, qui fait certainement partie des concepts émoussés, sinon épuisés, qui continuent à vivre, en entretenant des confusions, ou une stigmatisation et en légitimant des exclusions. Mais faudra-t-il le remplacer ?» (Charles Gardou)

Dans un souci rédactionnel, nous avons choisi de vous présenter différentes catégories de handicap, mais rappelez-vous : chaque personne est unique, à découvrir et à rencontrer!

3.1. La déficience intellectuelle

Caractéristiques :

Les PESH présentant une déficience intellectuelle ont en commun un ''retard mental'' qui peut se traduire par une capacité plus limitée d’apprentissage, un rythme d’adaptation plus lent et des difficultés à faire face aux exigences de la vie quotidienne. La déficience intellectuelle ne peut pas « être guérie », mais le fonctionnement général de la personne peut être amélioré si elle reçoit un soutien adapté et bénéficie d’un environnement riche en stimulations, tel celui d’une pratique sportive.

La personne présentant une déficience intellectuelle peut présenter des difficultés :

  • à se situer dans l’espace et/ou dans le temps
  • de compréhension
  • de lecture et/ ou d’élocution
  • avec l’abstrait
  • à symboliser
  • d’attention, de concentration.
  • à se situer dans l’espace et le temps …

Les aménagements :

Ces personnes peuvent pratiquer tous les sports (en loisir ou en compétition). La pratique sportive pour les personnes en situation de handicap mental ne nécessite pas ou très peu de matériel spécifique. Les aménagements consistent plutôt en un accompagnement adapté, une simplification des consignes et des aides à la compréhension et au repérage. Avec un peu d’imagination et d’astuce, ils sont peu coûteux et faciles à mettre en place (pictogrammes, schémas très simples, signalétique adaptée, codes couleurs…).

Recommandations pédagogiques :

Lors des activités, il est donc essentiel de :

  • Prendre en compte les besoins spécifiques de la personne, sa personnalité et ses envies,
  • Accompagner la personne sans faire à sa place (la stimuler, la soutenir tout en la laissant choisir et agir),
  • Pratiquer dans un environnement sécurisé et sécurisant
  • Donner des consignes simples et brèves en employant un vocabulaire adapté,
  • Matérialiser les consignes,
  • Faire prévaloir la notion de plaisir de la pratique et donner un sens à l’activité,
  • Favoriser un schéma pédagogique basé sur l’interrelation,
  • Mettre en place un cadre d’activité contenant et structurant (rapport à la règle établi et formalisé).

3.2. Le handicap psychique

Caractéristiques :

Elles présentent des troubles de l’esprit qui peuvent se traduire par un comportement perturbé de façon momentanée ou durable. Ces troubles sont susceptibles d’être guéris ou réduits avec une thérapie adaptée. Les maladies mentales (schizophrénie, dépression, etc...) affectent une personne sur trois selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Une personne présentant une maladie mentale peut pratiquer les APS (Activités Physiques et Sportives) comme tout le monde avec un encadrement attentif et structuré.

Il est important de préciser que ce type de troubles n’affecte pas directement les capacités intellectuelles (développement intellectuel normal voire supérieur) mais plutôt leur expression, leur mise en œuvre.

La personne ayant des troubles psychiques peut présenter :

  • Des difficultés à maintenir son attention
  • Des fragilités et vulnérabilité
  • Des fluctuations majeures de l’humeur selon les jours, les moments de la journée, les saisons…
  • Des angoisses, de pensées obsessionnelles, sauts d’humeur, agressivité, dépendance…
  • Un repli, comportements de retrait social
  • Les médications peuvent ralentir les traitements de l’information (lenteur d’exécution)
  • Un schéma corporel souvent morcelé, difficulté de faire de son corps un tout

Les aménagements :

Ces personnes peuvent pratiquer tous les sports (en loisir ou en compétition). La pratique sportive pour les personnes en situation de handicap mental ne nécessite pas ou très peu de matériel spécifique. Les aménagements consistent plutôt en un accompagnement adapté, une simplification des consignes et des aides à la compréhension et au repérage. Avec un peu d’imagination et d’astuce, ils sont peu coûteux et faciles à mettre en place (pictogrammes, schémas très simples, signalétique adaptée, codes couleurs…).

Recommandations pédagogiques :

Lors des activités, il est donc essentiel d’adopter une prise en charge adaptée :

  • Prendre en compte les capacités de compréhension préservées
  • S’appuyer sur du concret, repères,
  • Travailler la connaissance/l’acceptation de son corps…
  • Vigilance face aux conséquences des traitements
  • Etre calme (Evitez les réactions de peur), Etre attentif aux gestes
  • Accepter la personne telle qu’elle est (être tolérant face à ses absences, retraits…)

3.3. Le handicap moteur

Caractéristiques :

Les troubles de la motricité peuvent signifier une atteinte partielle ou totale de la mobilité et parfois des troubles de la communication, des difficultés à contrôler ses gestes et à s’exprimer, mais sans altérer pour autant les capacités intellectuelles. Les personnes en situation de handicap moteur peuvent être en fauteuil roulant (manuel ou électrique), se déplacer avec un déambulateur, une canne, des béquilles ou être mal marchantes. Celles qui voyagent seules sont indépendantes dans la vie quotidienne si elles bénéficient d’un environnement adapté. En revanche, celles qui ont besoin d’aide dans les gestes de la vie quotidienne sont généralement accompagnées.

Le handicap physique peut revêtir plusieurs formes, dont voici les principales catégories :

  • Les blessures de la colonne vertébrale (blessures médullaires)
    • Une blessure médullaire se caractérise par son niveau lésionnel, son caractère complet ou incomplet. Plus la lésion est haute, plus l’atteinte fonctionnelle est importante. On distingue, deux grandes catégories de paralysies :
    • Les tétraplégies (atteinte des 4 membres pouvant toucher les ceintures scapulaire et abdominale) lorsque la lésion est au niveau des vertèbres cervicales.
    • Les paraplégies (atteinte des membres inférieurs pouvant toucher la ceinture abdominale), lorsque la lésion est au niveau lombaire ou dorsal.
    • Une paralysie médullaire s’accompagne souvent de troubles fonctionnels. Troubles fréquemment observés : scolioses, troubles sphinctériens, infections urinaires, troubles génitaux sexuels, troubles végétatifs, escarres et autres problèmes cutanés, troubles de la thermorégulation, complications orthopédiques…
  • Les paralysies cérébrales
  • Elles résultent d’une lésion cérébrale. D’origine prénatale ou traumatique, ces lésions se caractérisent de plusieurs manières : Latéralité : côté droit ou gauche, on pourra parler d’hémiplégie Prédominance brachio-faciale fréquente Spasticité (contractions involontaires) : principaux troubles rencontrés : hypertonie, mouvements anormaux, schémas moteurs perturbés (troubles de la vision et de l’audition, épilepsie, troubles orthopédiques, parfois lenteur intellectuelle.
  • Les amputations
  • D’originale congénitale (agénésie), traumatique ou tumorale, les amputations peuvent toucher tout ou partie de l’un ou plusieurs des 4 membres. Dans le cas d’une pratique sportive debout, les amputations des membres inférieurs peuvent nécessiter un appareillage. Pour une pratique sportive régulière, une prothèse spécifique à l’activité est nécessaire. Une attention particulière doit être portée à la qualité de l’appareillage, aux déséquilibres vertébraux.
  • Les maladies dégénératives
  • Il existe un très grand nombre de pathologies dégénératives. Les origines ainsi que les troubles moteurs peuvent être multiples. Voici quelques exemples de maladies dégénératives que l’on retrouve en handisport : myopathies, amyotrophie spinale, hérédo dégénérescences spinocérébelleuses, sclérose en plaque.

Certaines autres atteintes du système nerveux périphérique entraînent des déficiences non précisées dans ce chapitre (poliomyélite, plexus …), de même le nanisme, les malformations congénitales etc….

Les aménagements et recommandations pédagogiques :

Quelle que soit la pathologie, le principe sécuritaire est la première règle à respecter. Les adaptations matérielles, pédagogiques, médicales ou paramédicales (avec le soutien de professionnels de la santé) doivent être mises en relation avec la prise en compte de l’individualité spécifique du public concerné. Les différentes activités sportives proposées nécessitent un attachement précis à ces notions particulières. Le rapprochement entre les ligues, comités, clubs, dirigeants, cadres techniques, entraîneurs permet de résoudre dans la mesure du possible ces ''obstacles''

3.4. Le handicap sensoriel

Le handicap sensoriel résulte de l'atteinte d'un ou plusieurs sens. Il se caractérise majoritairement par des incapacités issues d'une déficience auditive ou visuelle.

Ce type de handicap entraîne, presque automatiquement, des difficultés de communication et d'intégration sociale de la personne.

C'est pourquoi, la personne handicapée est amenée à développer d'autres moyens de communication et d'information pour s'adapter à la société et à la vie quotidienne.

La déficience auditive

Caractéristiques :

L’audition exerce 2 fonctions : La communication et la vigilance/alerte. Le son (mouvement vibratoire) se caractérise par 2 paramètres : l’intensité en décibels (dB), si le son est fort ou faible, la fréquence en Hertz (Hz), si le son est grave ou aigu.

Unilatérale ou bilatérale, les niveaux de surdité sont variables et ont des conséquences progressivement de plus en plus marquées.

  • Entre 20 et 40 décibels (dB) de perte d’audition, on parle de surdité légère.
  • Entre 40 et 70 dB, seule la parole forte est perçue, mais la compréhension devient difficile, particulièrement dans des environnements bruyants.
  • Entre 70 et 90 dB, on parle de surdité sévère et seul le port d’une aide auditive peut améliorer la communication.
  • Au-delà de 90 dB (surdité profonde à totale), la parole est souvent remplacée par la Langue des Signes.

La perte auditive peut entraîner différents comportements :

  • Lacune au niveau de l’intonation et des accents : le malentendant cherche une expression du visage mais la culture ''entendante'' n’en fait pas souvent usage.
  • Sentiment d’insécurité : l'oreille ne joue plus son rôle d’avertisseur ce qui peut angoisser la personne déficiente auditive.
  • Hyperactivité ou isolement.
  • Gêne et une fatigue importante, car les personnes compensent par une concentration accrue

Les aménagements :

Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent communiquer par le biais :

  • De la langue des signes française (LSF), reconnue depuis février 2005 comme une langue à part entière. Cette langue n’est pas universelle. Elle consiste en l’association de mots ou d’idées sans utiliser de connecteurs ni d’articles. La dactylologie (épeler chaque lettre) est employée uniquement pour les noms propres ou les mots nouveaux.
  • Du langage parlé complété (LPC). Cette méthode est à base de « clés » à positionner à certaines zones du visage pour accentuer certains sons. Elle complète donc la lecture labiale.
  • De l’oral, avec ou sans l’aide d’une prothèse auditive. La lecture labiale est souvent nécessaire.
  • De l’écrit. Il faut savoir que beaucoup de sourds ou malentendants ont de grosses difficultés dans la maîtrise du français (souvent minimaliste et approximatif).

Recommandations pédagogiques :

Les personnes atteintes de déficience auditive peuvent a priori tout faire. Pour autant, pour les atteintes bilatérales les plus profondes, la personne ne peut être isolée car, privée des informations sonores, elle ne peut pas percevoir un bruit de danger (véhicule arrivant), ou un signal sonore d’alarme.

Ces personnes appréhendent le monde principalement par la vue : parlez-lui simplement et à une intensité habituelle, mais en veillant en permanence à être proche d’elle, de face et bien éclairé (jamais à contre-jour) en articulant correctement mais sans exagérer.

  • Utilisez votre langage corporel (mime, geste) pour traduire l’intention de vos mots.
  • Vous pouvez aussi utiliser des supports écrits (tableaux, dessins, photos) pour communiquer.
  • Soyez vigilants aux réactions de ces personnes, qui pourront exprimer un sentiment d’incompréhension par de la colère ou des sautes d’humeur.
  • Demandez-lui conseil pour trouver le meilleur moyen de communiquer.


La déficience visuelle

Caractéristiques :

La déficience visuelle elle est définie par l’état du champ visuel (étendue de l’espace perçu par un œil immobile), ainsi que la notion d’acuité visuelle (aptitude de l’œil à apprécier les détails). Il existe de nombreuses façons de «mal voir» : vision totale mais floue, vision uniquement périphérique, vision tubulaire…

La personne présentant une déficience visuelle :

  • aura besoin de prendre (et que l’entourage prenne) le temps nécessaire pour se repérer lorsque l’endroit lui est inconnu, afin qu’elle parvienne, dans les meilleurs délais, à se déplacer seule, avec ou sans canne blanche, selon son habitude. Lors de la première visite de la structure, faites lui visiter les lieux et n’hésitez pas à lui faire toucher chaque objet afin qu’elle prenne des repères.
  • Pour être guidée, une personne aveugle tient le bras de son guide juste au-dessus du coude et se place légèrement décalée derrière lui. Elle saura ainsi, sans qu’on soit obligé de le lui dire, s’il y a un trottoir à monter ou à descendre, ou si le passage devient étroit (le guide mettant alors son avant-bras dans le dos). Quoi qu’il en soit, évitez à tout prix de tirer ou pousser la personne dans la direction où vous voulez qu’elle aille. Le guidage efficace ne peut se faire que si un climat de totale confiance est établi entre le sportif et son guide.
  • Sachez également que se déplacer seul pour un aveugle ou un malvoyant requiert beaucoup de concentration et cela peut être une cause de fatigue intense. Par ailleurs, bien souvent une personne aveugle ou malvoyante met beaucoup plus de temps que nous pour exécuter une tâche : il est alors tentant de la faire à sa place !

Aménagements et recommandations pédagogiques :

  • Ayez toujours à l’esprit qu’il y a de nombreuses choses que vous pensez infaisables par un aveugle ou un malvoyant et qui pourtant le sont, et à l’inverse, certaines que vous pensez faisables, ne le sont pas sans le concours d’autrui.
  • Considérez le sportif malvoyant en tant qu’individu, avec ses propres particularités afin de l’impliquer un maximum dans la dynamique du groupe.
  • Aidez-la à se déplacer en lui laissant tenir l’épaule ou le coude.
  • Pour l’aider à se diriger, sollicitez les repères sensoriels (visuels, auditifs, kinesthésiques), par exemple en tapant, pour lui donner des repères.
  • Pour utiliser un objet, décrivez lui sa forme ou sa texture.
  • Si vous voulez donner un objet, mettez le dans sa main plutôt que de le poser à proximité, cela lui évitera de le chercher voire de le faire tomber. Il est important que les objets utilisés par les personnes déficientes visuelles soient toujours rangés aux mêmes endroits.
  • Dans vos consignes ou vos échanges, cherchez à être clair, à parler distinctement et à solliciter les personnes pour entretenir le dialogue. Parlez toujours en étant devant elle. Signalez lui que vous sortez de la pièce afin qu’elle ne parle pas dans le vide.

3.5. Le polyhandicap

Caractéristiques :

Il s'agit d'une situation de handicap associant déficience motrice et déficience mentale sévère ou profonde. Le polyhandicap peut être aggravé par d’autres déficiences ou troubles (sensoriels, épilepsie…)

La personne présentant un polyhandicap peut présenter :

  • Des douleurs
  • Une restriction extrême de l’autonomie, dépendance très importante
  • Une restriction des possibilités de perception, d’expression et de relation
  • Un recours à des appareillages volumineux (car très souvent déformations du rachis)
  • Des troubles respiratoires fréquents
  • Des raideurs, spasticité fréquente

Recommandations pédagogiques :

Lors des activités, il est donc essentiel d’adopter une prise en compte adaptée :

  • Adaptations multiples;
  • Douceur des gestes et éviter les changements brusques de position;
  • S’adresser à la personne en se mettant à sa hauteur, en essayant de croiser son regard
  • Continuer de parler, de donner des explications même s’il n’y a pas de retour particulier;
  • Prévenir de ce que l’on va faire, notamment lors des transferts.

3.6. Quiz

Merci de compléter le questionnaire suivant (en cliquant le sur l'image) pour évaluer vos connaissances;

4. La mise en œuvre d'un projet à destination des PESH

4.1. La démarche de projet

Pour développer une offre sportive à destination des PESH, quelques questions sont à se poser en amont :

  1. Comment a émergé le projet ? S'agit-il d'une de demande de PESH/d'établissements spécialisés ou d'une volonté du club? S'il s'agit d'une demande le club orientera plutôt son action en fonction du demandeur. S'il s'agit d'un projet interne au club, il faut alors déterminer pour qui? avec quel matériel? quel créneaux? etc.
  2. Le projet est-il partagé ? par les membres du bureaux/comité directeur? Par les adhérents du club? La réussite de ce type de projet par la sensibilisation des élus et des adhérents pour faciliter l'inclusion des PESH comme des membres à part entière de la structure.
  3. A quel public le projet s'adresse-t-il ? des PESH en situation de handicap moteur? Sensoriel? Mental? Comme vous l'avez vu précédemment, le champ du handicap est vaste et mieux vaut cibler un public afin d'adapter au mieux son accueil. En effet, en fonction du public cible, la pratique sportive nécessite des aménagements et un encadrement différents.
  4. Où se trouve le public visé ? A nouveau, en fonction du public ciblé, la communication autour du projet ne s'adresse pas aux mêmes acteurs : il existe des établissements et des structures d'accueil différentes en fonction du handicap. Certaines sont dites "spécialisées" (IME, ESAT, etc.) et d'autres "ordinaires " (écoles, entreprises, etc.). Vous pouvez cliquer sur le lien pour avoir plus d'infos (2 pages)
  5. Quels sont les partenaires pouvant m'accompagner ? Il existe 2 fédérations sportives dédiées aux PESH : la Fédération française de Sport Adapté ( ) concernant la déficience intellectuelle et/ou les troubles psychiques ; la Fédération Française Handisport ( ) pour la déficience motrice ou sensorielle. Ces deux acteurs peuvent être de vraies ressources pour vous accompagner dans votre démarche. En effet, ils possèdent un réseau, peuvent vous accompagner dans l'adaptation de votre discipline et la formation de vos encadrants (vous trouverez également au point suivant d'autres acteurs).
  6. Quels sont les objectifs visés ? Pratique loisir? Compétitive?
  7. Mon accueil est-il opérationnel ? En terme de formation des encadrants? De matériel? D'accessibilité? (vous trouverez dans les chapitres suivants de nombreux éléments de réponses à ces questions).

Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif avec quelques conseils à présenter à vos structures (2 pages).


Focus sur l'accessiblité

Parmis les freins indiqués par les clubs sur le développement d'une offre dédiée aux PESH, il ressort souvent des problématiques d'accessibilité. Mais qu'est-ce que l'accessibilité? En fonction du public ciblé les besoins ne sont pas les mêmes.

Vous trouverez plus d'informations sur le tableau en cliquant sur le lien :

4.2. Les partenaires sportifs et institutionnels

Vous trouverez ci-dessous les partenaires sportifs et institutionnels pouvant vous accompagner dans l'élaboration et la mise en œuvre de votre projet.

1/ Que propose le mouvement sportif ?

a/ Le CPSF - Comité Paralympique du Sport Français

Le Comité Paralympique et Sportif Français ( ) est l’instance du mouvement sportif qui représente, anime et coordonne l’ensemble des acteurs qui proposent, en loisirs comme en compétition, une offre sportive à destination des personnes en situation de handicap. À ce jour, il compte 39 fédérations membres.

Le CPSF poursuit une double mission :

  • La constitution et la direction de l’équipe de France aux Jeux paralympiques.
  • L’animation, la coordination et la représentation de l’ensemble des fédérations sportives membres du CPSF afin de développer la pratique sportive des personnes en situation de handicap.
b/ Comme indiqué précédemment, il existe deux fédérations spécifiques:
  • La Fédération Française Handisport ( )
  • La Fédération Française Sport Adapté ( )

c/ Fédérations "homologues" / "valides" :

De plus en plus, de ligues « non spécifiques » accueillent et mettent en place des actions à destination des personnes en situation de handicap au sein de leurs structures.

Cette forte implication des ligues homologues a été amplifié par l’attribution en 2016 de la délégation a 13 fédérations : (Art. L.131-14 du Code du Sport) :

  • Para-canoë
  • Para-dressage
  • Para-judo
  • Para-karaté
  • Para-rugby à XIII
  • Para-ski nautique et wakeboard
  • Para-surf et sport adapté (double délégation)
  • Para-taekwondo
  • Para-tennis
  • Para-tir sportif
  • Para-triathlon & duathlon
  • Para-voile
  • Para-volley

Ainsi, depuis 2016, l’accessibilité à la pratique sportive des personnes en situation de handicap a connu un essor grâce à l’impulsion de délégations dans les fédérations sportives dites « valides ». Ces délégations aux fédérations a permis de favoriser l’inclusion.

2/ Que proposent les partenaires institutionnels ?

L'Etat et les collectivités peuvent également vous accompagner dans la mise en œuvre de votre projet, notamment sur la mise en réseau et le volet financier.

Vous pouvez prendre attache avec :

  • Les services jeunesse et sport et de votre département : direction départemental de la cohésion et du sport (DDCS ou DDSCPP)
  • Les services jeunesse et sport et de votre région : les Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports ( )
  • Le service des sports de votre Région (voir sur le site du Conseil Régional)
  • L'Agence Régionale de Santé ( )

4.3. L'encadrement

Vous trouverez dans le lien ci-dessous (2 pages) des informations réglementaires liées à l'encadrement sportive des PESH : l'encadrement des PESH.

4.4. Témoignages de clubs sportifs

Témoignages de deux clubs normands:

Regardez ces vidéos pour comprendre comment un club peu s'organiser pour accueillir des personnes en situation de handicap.

Le club de Donville Karaté (50)
Le club Bayeux sport adapté (14)

4.5. Quiz

Merci de compléter le questionnaire suivant (en cliquant le sur l'image) pour évaluer vos connaissances;

5. Médiathèque

Documents ressources pour le montage d'un projet :

ViVre un sport ensemble en Auvergne-Rhône-Alpes

Conception et réalisation CROS Rhône-Alpes

22 pages Ouvrir le fichier dans un nouvel onglet

Quels projets communs autour des personnes en situation de handicap ?

Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale du Centre

44 pages Ouvrir le fichier dans un nouvel onglet

5.1. Les troubles psychiques

Afin d'aller plus loin sur la grossesse et le sport, nous vous mettons à disposition une série de ressources :


Conseils pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap psychique en milieu sportif

Commission Régionale Sport et Handicap Psychique de la Ligue du Sport Adapté Midi-Pyrénées

12 pages Ouvrir le fichier dans un nouvel onglet

Tuto #5 - Comment enseigner à des étudiants bipolaires ?

Sciences Po

Comment enseigner à des élèves bipolaires ? Ici : comment enseigne-t-on à des étudiants bipolaires ?

3 minutes et 35 secondes

Tuto #7 - Comment enseigner à des étudiants dépressifs ?

Sciences Po

Comment enseigner à des élèves en situation de dépression ? Ici : comment enseigne-t-on à des étudiants dépressifs ?

4 minutes et 36 secondes

Tuto #6 - Comment enseigner à des étudiants anorexiques ?

Sciences Po

Comment enseigner à des élèves anorexiques ? Ici : comment enseigne-t-on à des étudiants anorexiques ?

3 minutes et 23 secondes

5.2. Douance, hauts-potentiels, etc.

Nous choisirons de parler d'enfant à haut potentiel intellectuel. Selon Jean-Pierre DELAUBIER, il s’agit d’un «enfant qui manifeste la capacité de réaliser, dans un certain nombre d’activités, des performances que ne parviennent pas à accomplir la plupart des enfants de son âge ».

Voici rapidement les traits d'un enfant à haut potentiel intellectuel sur le plan scolaire:

ENFANT SCOLAIRE ENFANT PRECOCE
Connaît les réponses pose les questions
est intéressé est très curieux
est attentif s'implique mentalement, physiquement
a de bonnes idées a des idées folles
travaille dur batifole mais a de bons tests
répond aux questions discute les détails, élabore
fait partie du groupe de tête est en avance du groupe
écoute avec intérêt fait montre d'opinions affirmées
apprend facilement sait déjà
6 à 8 répétitions pour maîtriser 1 ou 2 répétitions suffisent
comprend les idées conçoit des abstractions
aime ses pairs préfère les adultes
comprend le sens tire des conclusions
termine ses devoirs prend l'initiative de projets
est réceptif est intense
copie convenablement crée du nouveau
aime l'école aime apprendre
absorbe l'information manipule l'information
est technique est inventeur
mémorise bien devine vite
apprécie les présentations séquentielles se complaît dans la complexité
est vif, éveillé (e) est un observateur astucieux
est heureux d'apprendre est hautement critique de lui-même
Les particularités comportementales peuvent davantage intéresser:
  • Difficultés d’intégration avec les enfants de son âge (recherche de la compagnie d’enfants plus âgés ou des adultes)
  • Grand sens de l’humour, jeu avec les mots
  • Enfant qui ne se soumet pas facilement, ne supporte pas l’autorité arbitraire et a besoin d’en comprendre le bien fondé
  • Instabilité (difficultés à terminer un travail demandé par autrui)
  • Attention sélective, enfant souvent distrait mais capable d’attention soutenue s’il est intéressé (peut être absorbé par une activité qu’il a choisie, va alors la mener jusqu’au bout, au point de ne plus prendre en compte les impératifs de la vie quotidienne)
  • Impulsivité : enfant qui répond vite, sans réfléchir, mais de façon pertinente aux questions. Il coupe la parole aux autres et tutoie souvent les adultes
  • Enfant qui ne supporte pas l’injustice (y compris celle que d’autres peuvent subir)
  • Décalage entre la pertinence de ses remarques et un comportement qui peut sembler immature
  • Décalage entre la vitesse de compréhension, d’apprentissage et la lenteur d’exécution de certaines tâches
Les élèves intellectuellement précoces ou à haut potentiel : témoignages et retours de pratiques

Idée reçue: "Les surdoués n'aiment pas le sport"

  • Il y en a effectivement qui n'aiment pas le sport, qui n'aiment pas bouger et qui préfèrent jouer calmement, créer, penser, apprendre, parler, rêver...
  • l y en a qui ont peur d'être bousculés, qui craignent de se faire mal ou se casser quelque chose. L'anticipation anxieuse du surdoué peut le détourner d'une activité qui présente des risques de blessures.
  • Il y a toutefois énormément de surdoués qui adorent le sport et qui trouvent dans une activité physique, l'occasion de se défouler, de relâcher toute la pression accumulée dans une classe où ils s'ennuient et ne doivent pas bouger ni se faire remarquer, dans un monde qui ne les comprend pas, dans lequel ils doivent accepter les contraintes, l'attente et l'hyperstimulation sensorielle.
  • Ils peuvent faire de la compétition à d'assez hauts niveaux ou peuvent cumuler plusieurs sports.