Petite enfance
4. Les caractéristiques de la petite enfance
4.1. Au niveau anatomique et physiologique
Squelette et articulations
Pourquoi les enfants peuvent-ils chuter sans se faire mal?
On observe tous les jours dans une cour de récré des enfants tomber sans se faire vraiment mal.
Pour quelles raisons ? Parce que les enfants tombent de moins haut ? Non : de leur hauteur, comme les adultes.
Parce qu’ils sont moins lourds ? Non plus. C’est parce qu’ils ne sont pas terminés!
Les os des enfants sont moins rigides que ceux des adultes. Leurs cartilages ne sont pas encore très développés. Et surtout, plus les enfants sont jeunes, plus leurs os sont nombreux. A la naissance, un bébé en a 350, et il n’en restera que 206 à l’âge adulte. Certains os sont en plusieurs parties et se soudent peu à peu. Conséquence : plus les enfants sont jeunes, plus ils sont souples. Quand ils chutent, le choc est absorbé par cette souplesse.
Et c’est justement à l’âge où on apprend à marcher ! Le monde est bien fait.
Les activités qui demandent à l’enfant de supporter son poids, comme lorsqu’il grimpe, ou qui le font sauter permettent d’augmenter la densité de ses os et donc leur résistance. Ce type d’activité améliorerait également l’organisation interne des os, ce qui les rendrait plus solides.
A retenir:
Les jeunes enfants présentent :
- une fragilité des cartilages articulaires
- un squelette souple et malléable
- une grande souplesse des articulations
- les activités sportives contribuent à densifier et solidifier les os
Système nerveux et cérébral
A quel niveau de développement en est le cerveau humain à la naissance ? Pourquoi et comment doit-il évoluer?
A- Le cerveau du petit d’homme
Pour J. Medina, le but de notre cerveau est d’assurer notre survie à chaque instant, pour échapper à l’extinction de l’espèce, et projeter nos « gènes » le plus loin possible dans le temps. Pour cela, il nous faut un gros cerveau sophistiqué, efficace, afin de mieux anticiper les dangers.
Cette organisation élaborée n’est cependant pas compatible avec la grossesse et l’accouchement de l’espèce humaine (ex : limite en taille du bassin de la mère). Par conséquent, le petit humain naît avec un cerveau pré-câblé mais pas complètement développé (loin de là!) : il ne sera vraiment opérationnel pour l’ensemble des fonctions cognitives qu’à l’âge adulte.
Une longue période (celle de l’enfance et de l’adolescence) est requise pour optimiser le câblage (c’est long! le plus long de tout le règne animal).
B- Les différentes étapes :
Lorsque le bébé naît, la partie supérieure du cerveau est encore très immature. Les différentes expériences de stimulation vont lui permettre de développer son système nerveux. Tout ceci s’opère de façon étonnamment rapide pendant les deux premières années, période où la capacité d’apprentissage est phénoménale. Ensuite le développement se poursuit plus lentement pendant toute la période de l’enfance. Et finalement, d’après les récentes découvertes sur la plasticité, cela n’est jamais complètement terminé.
La maturation neurologique joue un rôle essentiel dans le développement moteur de l'enfant. Le système nerveux va se complexifier, et le développement des circuits neuronaux va permettre à l'enfant de contrôler plus finement chacun de ses mouvements (par exemple il sera capable de manipuler et lancer des objets).
De 3 à 5 ans, le cerveau de l’enfant fonctionne à plein régime! En effet, vers 4 ou 5 ans, la consommation énergétique du cerveau représente environ 65 % de la consommation énergétique totale du corps alors qu’elle est seulement de 20 à 25 % chez l’adulte. Cette demande élevée chez l’enfant se maintiendra jusqu’à environ 10 ans.
Pour soutenir ce développement accéléré, l’enfant a besoin de conditions favorables, c’est-à-dire d’une alimentation complète et équilibrée, d’un bon sommeil, d'activités physiques, etc. Il a également besoin d’être soutenu sur les plans émotionnel et intellectuel. Il ne faut pas oublier que le développement de l’enfant est possible grâce aux interactions qu’il a avec son environnement et avec les personnes de son entourage.
Enfin, de 3 à 6 ans, la capacité de concentration a augmenté, mais pas de manière linéaire : selon les activités qui ne requièrent pas les mêmes fonctions intellectuelles, les enfants sont capables d’abstraction plus ou moins longtemps : 10 minutes pour l’explication d’une leçon, des règles d’un jeu ou d’une activité, sont un maximum. Au-delà, inutile d’insister : l’enfant s’échappe, est distrait, n’écoute plus, gigote sur sa chaise…

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Le développement du cerveau de 3 à 5 ans
A retenir:
- l'enfant nait avec un cerveau immature
- les stimulations et les expériences permettent le développement des neurones
- l'évolution du système nerveux impacte directement la motricité (plus il est complexe, plus la motricité se développe)
- le sommeil, l'alimentation, les activités physiques et les interactions joue un rôle important sur la maturation du cerveau
- les capacités d'attention et de concentration d'un enfant de 3 à 6 ans sont d'environ 10 minutes
L'impact du sport sur la santé
A- La fréquence cardiaque maximale:
Celle de l’enfant est supérieure à celle de l’adulte de 10 à 40 battements. Elle monte et descend très rapidement dès l’arrêt de l’exercice. Elle diminue avec l’âge à partir de 20 ans. Ce dernier point montre que sa prise manuelle est complètement inutile pour rendre compte de l’intensité de l’exercice.
Malgré les particularités spécifiques dues à leur âge les enfants présentent les mêmes phénomènes d'adaptation que les adultes lors d'un entraînement en endurance.
Si jusqu'à présent, la crainte était de voir les enfants surentraîner, aujourd'hui c'est plutôt le contraire qui est à craindre en raison de la sédentarité de plus en plus grande dans la vie quotidienne. Pourtant une capacité d'endurance élevée est une base solide de protection pour la santé générale.
Il convient de travailler cette capacité d'endurance de manière progressive et adaptée, en effet, une course de 600 à 800m, équivaut pour des enfants à un 3000m !

B- Activité physique et santé :
A l’heure où la littérature scientifique nous montrent que nos enfants ont perdu plus de 25% de leurs capacités physiques en moins d’un demi-siècle ; sont plus de 60% à passer plus de deux heures par jour devant un écran ; et que seulement un quart des enfants et un tiers des adolescents respectent les recommandations en activité physique, les conclusions de l'ONAPS (Observatoire National des APS) soulevaient la nécessité de développer nos infrastructures et leur disponibilité ainsi que celle d’accentuer les efforts de lutte contre les comportements sédentaires des enfants et adolescents.
La promotion de l’activité physique et d’un mode de vie sain et actif est au premier plan des stratégies de prévention du surpoids, de l’obésité et des maladies métaboliques associées dès le plus jeune âge ; favorisant l’épanouissement familial et psychologique , améliorant les aptitudes et capacités motrices et cognitives, tout en promouvant la réussite scolaire et l’intégration sociale.
Si les recommandations sont régulièrement affinées et de plus en plus précises (O’Malley & Thivel, 2016), il reste principalement conseillé que les enfants et adolescents s’engagent au moins 60 minutes/jour dans des activités physiques d’intensité modérée à intense, comprenant au moins trois fois par semaine des activités sollicitant le système musculosquelettique et articulaire (travail musculaire et de souplesse principalement) (Tremblay et al., 2016).
Actuellement seuls 19% des 3-6 ans atteignent les recommandations de l'OMS(Organisation Mondiale de la Santé) en matière d'activité physique.
A retenir:
- La fréquence cardiaque de l'enfant est plus élevée que celle de l'adulte.
- Les enfants présentent les mêmes phénomènes d'adaptation à l'effort que les adultes (augmentation de la fréquence cardiaque, de la respiration, etc.)
- Les enfants ont perdu 25% de leurs capacités physiques en moins d'un demi-siècle
- Il est recommandé pour les enfants de pratiquer 60 minutes par jour d'activité physiques modérée à intense