4. Les caractéristiques de la petite enfance

4.2. Au niveau psychomoteur

Introduction

Les grands changements moteurs qui s'opèrent chez l'enfant de la naissance à 3 ans, dépendent des contextes et des expériences vécues par l'enfant. Ainsi, il faut bien noter que la trajectoire de développement moteur sera différente d'un enfant à un autre, en fonction du contexte social, familial, culturel, biologique, environnemental. L'acquisition de la posture, et les stratégies que l'enfant met en œuvre pour s'adapter à son environnement sont des éléments essentiels du développement de la motricité, que nous aborderons dans ce chapitre.

Le développement de la motricité globale permet à un enfant d’exercer son équilibre et sa coordination et d’utiliser ses grands muscles. Ces habiletés l’aideront à maîtriser certaines activités physiques, comme s’asseoir, ramper, marcher, courir, grimper, sauter, et plusieurs autres mouvements que son corps lui permet de faire. Développer la motricité globale aide beaucoup au développement de la motricité fine.

(source : Naitre et grandir)

Consultez le schéma ci-dessous et la vidéo afin de pouvoir répondre au quiz suivant.

Quiz étapes développement psycho-moteur

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La motricité globale

  • Pourquoi parle-t-on de motricité globale ?

À l’inverse de la motricité fine, qui regroupe tous les mouvements fins et précis du corps, tel le contrôle musculaire du visage ou celui des mains, la motricité globale réunit les gestes moteurs qui permettent à l’enfant de se déplacer. On parle alors d’équilibre et de coordination générale : l’enfant utilise ses grands muscles pour se déplacer (avec ou sans contrainte : marcher, courir, grimper, ramper), pour s’asseoir, pour sauter, etc. La motricité globale inclut aussi l’équilibre statique, où certains muscles sont sollicités pour maintenir une position précise sur un, deux ou quatre appuis. Enfin, les coordinations des membres inférieurs et supérieurs jouent un rôle important dans la motricité globale chez l’enfant. Elles sont mises à contribution lors des actions d’envoi, de réception ou de renvoi d’un objet.

  • Quelles sont les grandes étapes du développement de la motricité globale chez l’enfant ?

De 3 à 6 ans : les spécialistes appellent cette période, « l’âge de la grâce » car l’enfant va progressivement automatiser, mettre en harmonie et coordonner l’ensemble de ses mouvements.

Il éprouve beaucoup de plaisir dans les activités physiques telles que marcher, courir, jouer au ballon etc.

Pendant cette période, il acquiert également la latéralisation. Vers 6 ans, il différencie la droite et la gauche. Il affine sa motricité et sa gestuelle dans les jeux sportifs.

Les enfants ne se développent pas tous à la même vitesse dans tous les domaines. Néanmoins, dans les grandes lignes, l'enfant acquiert les compétences suivantes entre 3 et 5 ans en terme de motricité globale.

De 3 à 4 ans :

  • l'enfant court avec aisance (il peut partir, arrêter et changer de direction) en bougeant les bras en alternance;
  • il peut lancer et attraper à l’occasion un ballon sans perdre l’équilibre;
  • il grimpe, glisse, monte une échelle et se balance sur le matériel d’un terrain de jeux;
  • il s’accroupit et se relève sans aide;
  • il monte les escaliers en mettant un pied sur chaque marche, sans se tenir sur la rampe;
  • il saute sur une jambe en se déplaçant légèrement vers l’avant;
  • il se tient sur un seul pied en gardant l’équilibre pendant un moment, puis jusqu’à 5 secondes la plupart du temps.

Au cours des prochains mois, l'enfant commencera à :

  • attraper un gros ballon en allongeant les bras;
  • galoper, courir, marcher et avancer sur la pointe des pieds dans le cadre d’une activité de groupe;
  • sauter dans les airs à pieds joints;
  • faire des culbutes.

De 4 à 5 ans :

  • l'enfant peut faire du vélo;
  • il lance, attrape et fait rebondir un ballon avec plus d’aisance & viser une cible;
  • il peut marcher sur une ligne droite en avançant et en reculant, avec le talon collé contre les orteils;
  • il peut marcher environ 10 pas sur ses talons;
  • il peut sauter par devant et par-derrière sur de courtes distances;
  • il peut sauter de plusieurs façons (pieds écartés, pieds rapprochés, sur un seul pied) en alternance, comme dans un jeu de marelle;
  • il peut sauter en tournant sur lui-même un demi-tour.

Au cours des prochains mois, l'enfant commencera à :

  • descendre les escaliers en mettant un seul pied sur chaque marche, sans appui;
  • sauter d’une hauteur de 0,5 mètre;
  • sautiller sur une courte distance;
  • diriger un ballon de foot;
  • sauter sur un seul pied;
  • sauter de chaque côté d’une ligne, les pieds joints, sans s’arrêter entre chaque saut
  • différencier la gauche et la droite


Les parcours moteurs

Les parcours de motricité permettent de faire vivre à l'enfant des expériences corporelles contribuant au développement moteur, sensoriel, affectif et cognitif. Par ses actions dans un environnement riche, l'enfant va développer des capacités.

Les parcours sont composés d’un enchaînement d’obstacles et d’épreuves plus ou moins facile à réaliser. Ils permettent de

  • Coordonner sa motricité : stimulation musculaire grâce aux obstacles, selon la grandeur du parcours, peut aussi exercer à l’endurance !
  • Travailler mémorisation et résolution de problème : quand on y arrive du premier coup, c’est le top, mais on apprend aussi à se corriger, et à se concentrer pour réussir.
  • Augmente la confiance en soi : Les « bravo » et le fait de réussir augmente la confiance.
  • Permet de se structurer dans l’espace et le temps. Il y a un endroit avec un début, un autre avec une fin. On peut aussi utiliser un chronomètre, en demandant à l’enfant de s’autoévaluer, « Tu as été plus rapide ou pas que la dernière fois? »

Afin de contribuer au développement de ces différentes capacités, il est important d'être au clair sur les objectifs visés par le parcours.

En effet, comme l'explique la vidéo ci-dessous, il existe différents types de parcours développant des compétences différentes chez l'enfant:

  • En parallèle
  • En continu
  • En atelier
  • En itinéraire
  • Protéiforme

De plus, pour ancrer les apprentissages, le parcours doit être réalisé plusieurs fois de différentes manières :

  • L'exploration afin de diversifier les actions motrices librement
  • La structuration afin stabiliser les actions motrices
  • Le réinvestissement afin de transformer les actions motrices dans d'autres secteurs

Pour aller plus loin, vous pouvez visionner les vidéos suivantes :

  1. Les parcours d'activités motrices : Phase d'exploration en petite section
  2. Phase de structuration
  3. Phase de réinvestissement


La motricité fine

Qu’est-ce que la motricité fine ?

La motricité c’est l’ensemble des fonctions qui permettent le contrôle de ses mouvements. La motricité fine concerne les mouvements précis qui sollicitent les petits muscles et notamment ceux de la main et des doigts. Saisir un objet, le lancer, porter un objet à sa bouche mais aussi découper ou dessiner font partie de ces mouvements fins.

Motricité fine : comment évolue-t-elle?

On parle ici d’évolution car comme pour la motricité globale, l’âge d’acquisition des différentes étapes varie d’un enfant à l’autre. Là encore chacun son rythme ! En revanche ce qui ne varie pas c’est l’ordre dans lequel ces étapes se mettent en place.

En effet, l’acquisition d’un geste, quel qu’il soit, dépend de deux grands facteurs :

  • L’équipement neurobiologique de l’enfant : maturation cérébrale et capacités perceptives et cognitives
  • Son environnement et les stimulations qu’il reçoit.

Voici pourquoi il existe tant de différences entre deux enfants du même âge.

En revanche, l’évolution se fera toujours dans le même sens car elle obéit à une loi neurologique : la loi proximo-distale. En clair, cela signifie que l’évolution du tonus et donc le contrôle du geste se fera toujours du centre du corps vers la périphérie. Ainsi l’épaule sera contrôlée avant la main et la hanche avant le pied. Le petit enfant contrôlera en premier ses bras, puis ses mains, puis ses doigts.

A savoir : parmi les capacités perceptives nécessaires à l’acquisition d’un geste, l’une des plus essentielles dans le développement de la motricité fine, c’est la vision. C’est parce que l’enfant perçoit l’objet dans son champ de vision qu’il cherche à diriger son geste vers lui.

Dans les grandes lignes, l'enfant acquiert les compétences suivantes entre 3 et 5 ans en terme de motricité fine.

De 3 à 4 ans :

  • l'enfant construit une tour de 8 à 10 blocs;
  • il manipule des ciseaux et il est capable de découper. Par exemple, il peut découper une bande de papier d’environ 10 cm de large, en faisant avancer ses ciseaux;
  • il peut tenir un crayon entre le pouce et l’index comme le fait un adulte;
  • il peut tourner les pages d'un livre, une à la fois;
  • il visse et dévisse un petit couvercle;
  • il dessine des maisons et des personnages avec deux ou quatre membres attachés à la tête, mais il ne dessine pas nécessairement de corps;
  • votre enfant peut boutonner de gros boutons.

Dans les prochains mois, l'enfant commencera à :

  • se verser à boire à partir d’un pichet peu rempli;
  • faire des nœuds;
  • attacher la fermeture éclair de sa veste;
  • se laver avec supervision;
  • découper et à coller des formes simples (ex. : carré, rond).

De 4 à 5 ans :

  • l'enfant dessine des personnages avec certaines caractéristiques, comme une tête, des bras et des jambes. Il ajoute petit à petit le tronc et d’autres détails;
  • il peint au grand pinceau sur une grande feuille;
  • il manipule de la glaise et de la pâte à modeler en la roulant entre ses deux mains;
  • il découpe sur une ligne droite ou sur le contour d’un carré avec plus de précision;
  • il colore l’intérieur d’une forme simple en respectant de plus en plus les limites du dessin;
  • il commence à écrire quelques lettres, sans véritable précision;
  • il coupe des aliments mous avec sa fourchette.

Dans les prochains mois, l'enfant commencera à :

  • transporter un verre sans en renverser le contenu;
  • tartiner son pain avec un couteau;
  • faire des boucles dans ses lacets;
  • attacher de petits boutons;
  • découper une forme plus complexe;
  • écrire quelques lettres, habituellement les lettres de son nom.


Exemples de motricité fine

L’environnement est essentiel dans la mise en place de ces différentes étapes. Le rôle des professionnels est donc multiple :

  • Il faut mettre à disposition de l’enfant des objets adaptés à ses capacités. Inutile par exemple de proposer des « méga bloc » (gros leggos) à un enfant qui ne maitrise pas la coordination bi-manuelle. Mieux vaut lui proposer des cubes simples qui peuvent s’empiler à une main.
  • Proposer des situations nouvelles avec parcimonie. L’enfant a besoin de répétition pour acquérir et s’approprier le geste. Lui proposer des situations nouvelles alors qu’il vient juste de maîtriser un geste ne fera que le confronter à l’échec. Proposer un seul nouvel objet à la fois au milieu de ceux qu’il maîtrise déjà afin de varier la stimulation en douceur.
  • Alterner des situations qui stimulent la précision et celles qui musclent. Par exemple, manipuler un petit sac sensoriel ou malaxer du sable magique permet de muscler les différents muscles de la main alors que transvaser de l’eau ou trier des bouchons stimulera une coordination précise.
  • L’encourager et le féliciter. Prendre le temps de le regarder en action et de valoriser ses efforts et ses progrès. Plus l’enfant se sent apprécié et valorisé, plus il a envie d’avancer et de persévérer. Ces encouragements doivent bien entendu être réguliers.
  • Assurer sa sécurité. Il est évident que l’on ne proposera pas d’objet pouvant être ingéré à un enfant qui met encore les jouets à la bouche

Pourquoi encourager l'enfant à réaliser des gestes de précision?

Un exemple de motricité fine à réaliser avec petits :La comptine de la gymnastique des doigts