4. Les caractéristiques de l'enfance

4.1. Au niveau morpho-biologique

Développement des capacités motrices

Chez l’enfant, jeux et activités physiques favorisent le développement harmonieux des grandes fonctions physiologiques et métaboliques.

La souplesse

  • L’enfant possède, dès le plus jeune âge, un niveau élevé de souplesse résultant d’une masse et d’un tonus musculaire peu élevés et d’une élasticité ligamentaire et musculaire importante.
  • À l’exception des enfants qui pratiquent la gymnastique, la danse et toutes autres activités motrices de haute expression corporelle, un entraînement “poussé” de l’amplitude des articulations ne semble pas nécessaire avant 9-10 ans. Dans tous les cas, l’entraînement de la souplesse chez l’enfant doit être dirigé par des éducateurs sportifs compétents, bien formés et informés des limites à ne jamais dépasser.
  • Il est, en revanche, particulièrement recommandé d’apprendre très tôt à l’enfant les techniques d’auto-étirement. Elles lui serviront toute sa vie car l’amplitude articulaire décroît très rapidement dès la puberté et doit être entretenue très régulièrement.

La vitesse gestuelle

  • La vitesse gestuelle correspond au nombre maximal de mouvements susceptibles d’être réalisés en un temps donné. Dans certaines activités, comme la natation, le cyclisme et la course sur courtes distances, la vitesse gestuelle entraîne une vitesse de déplacement.
  • Bien que limitée par les facteurs héréditaires, la vitesse peut être développée avant et pendant la puberté par des exercices et toutes formes de jeu. Il est donc parfaitement justifié d’envisager très tôt (vers 6 ans) l’augmentation de la vitesse car elle renforce la coordination nerveuse et le développement des programmes moteurs.

La force musculaire

  • La force musculaire s’amplifie progressivement au cours de la croissance en fonction de l’augmentation de la masse corporelle. Avant la puberté, la force maximale des garçons et des filles reste assez proche.
  • En moyenne, l’accroissement en force des filles culmine pendant les années de croissance maximale (11,5 à 12,5 ans) et celui des garçons un an après le pic de croissance (14,5 à 15,5 ans).
  • L’amélioration de l’activation nerveuse et l’augmentation de la masse musculaire expliquent principalement l’augmentation de la force. Avant la période pubertaire, c’est essentiellement l’amélioration de l’activation nerveuse qui est obtenue.
  • À condition de respecter certaines précautions, et de le soumettre à un examen médical très attentif préalable, au cours d’un programme de musculation bien conduit, l’enfant prépubère est donc capable d’augmenter sa force musculaire dans les mêmes proportions que l’adulte.

Croissance et activité physique

  • À partir de 6 ans, la pratique d’activités physiques contribue au bon développement et au renforcement du squelette, des muscles et des articulations. Par les tensions musculaires exercées sur l’os, l’exercice raisonnablement pratiqué accroît l’épaisseur, la densité et la résistance des os, sans aucun effet sur leur croissance en longueur.
  • Cependant, les charges excessives sur un système osseux, cartilagineux, ligamentaire et tendineux encore insuffisamment adapté aux tractions et pressions intenses, peuvent être préjudiciables à la santé de l’enfant. Les pratiques sportives extrêmes et les entraînements intenses et répétés qu’elles requièrent sont susceptibles de générer des stress psychologiques de compétitions et des microtraumatismes récurrents, qui, au même titre que des carences affectives et familiales, peuvent être à l’origine d’un blocage transitoire de la croissance en poids et en taille.
  • Tous les cartilages de croissance n’ont pas la même importance mais tous fragiles et doivent être protégés dans la pratique du sport.


L'adaptation à l'effort

Dans les grandes lignes

  • L’adaptation pulmonaire à l’exercice n’est jamais un facteur limitant chez l’enfant en bonne santé. Toutefois, l’asthme induit par l’exercice est plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte. Il est néanmoins paradoxal de constater que ce même exercice poursuivi dans de bonnes conditions peut guérir l’enfant.
  • L’état d’équilibre cardiaque chez un enfant est atteint au bout de deux minutes environ, soit beaucoup plus vite que chez un adulte. A l’arrêt de l’effort, la récupération est plus rapide. Le rythme cardiaque chez l’enfant est très influencé par des facteurs internes, tels que le stress, l’émotion ou la peur et la fatigue.
  • Le métabolisme :
    • Avant la puberté, il n’y a pas de différences d’adaptation entre garçons et filles.
    • Après la puberté, l’écart se creuse : les garçons sont souvent plus « endurants ».
  • La Thermorégulation : le rapport surface de peau sur poids corporel de l’enfant est plus élevé que chez l’adulte. L’enfant est donc plus sensible lors de la pratique du sport en ambiance chaude. Risques de déshydratation, d’insolation, de coups de chaleur. Un séjour en altitude chez un enfant de 6 à 8 ans peut entraîner un danger venant de la température extérieure et de ses variations. Attention au rôle du vent lors de la pratique sportive.

En résumé

Jeux et activités physiques doivent être encouragés dans le cadre scolaire et en dehors, car l’école ne peut, seule, assurer à l’enfant toutes les activités nécessaires à son développement.

Ensemble “l’augmentation substantielle de la dépense d’énergie” recommandée par les autorités de santé publique, et la multiplication des expériences motrices nécessaires au développement psychomoteur, voire cognitif, de l’enfant, militent pour préconiser, au moins, une heure d’activité physique quotidienne, réalisée à des intensités les plus variées possible.

    Selon l’étude Esteban menée à l’échelle nationale (2017) :
  • Seuls 18% des 6-10 ans pratiquent un niveau élevé d’activité physique, correspondant aux recommandations de faire au moins une heure d’activité physique quotidienne.
  • Une large majorité des 6-10 ans, 55% des garçons et 60% des filles, ont un niveau d’activité physique modéré et 25% ont un niveau d’activité physique bas, quel que soit le sexe.
  • En dix ans, le pourcentage d’enfants de 6-10 ans inactifs (niveau bas d’activité physique) a été multiplié par 5 chez les garçons et par trois chez les filles .


La moyenne enfance

La taille et le poids de l’enfant varient de façon considérable entre 6 et 9 ans. La croissance morphologique des enfants dépend principalement des facteurs génétiques, mais aussi du type d’alimentation. L'alimentation d'un enfant de 4 à 9 ans est particulièrement importante. A cet âge, l'enfant est en pleine croissance et a des besoins nutritionnels spécifiques, mais surtout c'est l'âge où les habitudes et les règles alimentaires se mettent en place.

A noter que selon l’OMS (2004), un enfant de 9 ans qui présente un surpoids et dont l’un des parents est obèse a plus de risque de souffrir d’obésité qu’un enfant du même âge dont les deux parents présentent un poids santé.

De 6 à 9 ans, il n’y a pas de différence de taille staturale (taille des os) entre les filles et les garçons. Par contre une différence sur le plan pondéral est visible dès 6 ans, les garçons possédant plus de muscle et les filles plus de tissus gras.

    A cet âge :
  • l’enfant perd ses formes de bébé : apparition des points d’ossification complémentaires au niveau des membres inférieurs, permettant une meilleure locomotion, un meilleur équilibre du bassin.
  • les côtes amorcent leur inclinaison.
  • connexions de joints nerveux aidant la relation : « cerveau -mouvement », les acquisitions motrices se font à un rythme plus rapide.
  • Perte des dents de lait


La grande enfance

La croissance se poursuit, et le corps se prépare à une forte poussée pubertaire.

Croissance staturale

A 9 ans, la croissance des filles et des garçons est encore similaire. A 10 ans, les filles deviennent légèrement plus grandes, la poussée de croissance des filles se produisant légèrement plus tôt que celle des garçons. Gain d’environ 5cm par an au début de la période, ce chiffre sera en augmentation au moment de la puberté.

A noter que le sport de haut niveau à cette période et selon comment il est pratiqué peut ralentir la croissance. Il faut être également vigilent aux zones cartilagineuses en croissance qui peuvent être abîmées par un entrainement trop intensif. Enfin, il faut veiller à une alimentation saine et équilibrée, afin que l’enfant reçoive tous les nutriments nécessaires à sa croissance.

Croissance pondérale

Le poids augmente de 3kg par an. La masse de tissu gras et de tissu maigre diffère toujours entre les filles et les garçons (pour un poids similaire). Il sera donc essentiel d’éduquer l’enfant à sa santé, notamment en informant sur les conséquences de la « malbouffe » et de l’inactivité.

De 9 à 12 ans

  • Apparition des points d’ossifications
    • des membres supérieurs permettant la rotation des poignets
    • des membres inférieurs permettant une locomotion plus vive et active.
  • Les côtes deviennent plus obliques permettant une plus grande amplitude respiratoire.
  • Augmentation du volume du cœur et de l’appareil pulmonaire dans une cage thoracique qui demeure exiguë d’où une gène et une élévation du rythme cardiaque.
  • La force musculaire est peu développée.
  • Fait preuve d’une certaine endurance mais dépense son énergie de façon peu économique