4. Les caractéristiques de l'enfance

4.2. Au niveau psychomoteur

Introduction

L’enfant, comme l’adolescent, a besoin de mouvements pour se construire.

Ce développement progressif fait appel à un ensemble de phénomènes physiques, psychiques, moteurs et énergétiques.

La multiplication des liaisons neuronales confère au cerveau sa formidable “plasticité”. Celle-ci dépend fortement de la quantité et de la qualité des sollicitations rencontrées par l’enfant. La motricité exigeant les mouvements les plus rapides, les plus précis et les plus spécialisés ne peut atteindre sa pleine efficacité que lorsque les coordinations neuromusculaires auront atteint leur plein état de maturité, vers l’âge de 6 ou 7 ans.

Si l’enfant ne réussit pas dans un apprentissage, il est probable que ses structures nerveuses et/ou musculaires n’ont pas atteint le degré de maturation nécessaire. Dans ce cas, il est inutile de le faire commencer trop tôt. À l’opposé, la période favorable passée, il lui sera de plus en plus difficile d’apprendre.

Les apprentissages multiples et la pratique de nombreuses activités physiques entre 6 et 11 ans assurent à l’enfant un développement harmonieux et lui offrent le choix de sa future activité. À ce niveau, l’adulte devrait pouvoir l’aider à être le plus pertinent possible. Il serait dommage d’enfermer cette grande “plasticité neuromotrice” dans une spécialisation précoce. Même en vue de pratiquer une seule activité physique ou sportive, il convient d’ouvrir, le plus largement possible, l’éventail des apprentissages. Car, comme l’ont montré plusieurs études, un enfant motivé pour pratiquer une activité physique ou un sport aura probablement plus de chance d’éviter la sédentarité et toutes ses conséquences délétères à l’âge adulte !

    Les progrès moteurs de l’enfant de 6-12 ans se manifestent de plusieurs façons complémentaires :
  • La coordination des mouvements augmente (maîtrise des mouvements de l’écriture, manipulation de certains outils, exécution de certains mouvements gymniques, pratique de la danse...)
  • La force s’accroît pendant cette phase de façon considérable (le goût pour les jeux violents, notamment chez les garçons, en est la preuve)
  • La rapidité, la précision, l’endurance se développent d’une manière très marquée (jusqu’à 13-15 ans) et se manifestent dans les jeux de compétition.
  • La période de 6-12 ans est l’âge scolaire. La vie en groupe y prend une importance croissante. Les possibilités motrices permettent aux enfants de se mettre en valeur et de se mesurer les uns aux autres.

Quelles activités sportives pour un enfant de 6-11 ans ?

    Idéalement, pendant cette période privilégiée des apprentissages, l’enfant devrait pratiquer, en alternance, une activité sportive de chacune de ces trois catégories complémentaires :
  • celles développant une maîtrise des coordinations motrices, voire du comportement en général : judo, tennis, gymnastique, danse, patinage artistique…
  • celles demandant une dépense énergétique importante : natation, course, cyclisme, ski
  • celles contribuant à une meilleure socialisation : sports d’équipe.


Motricité globale- Moyenne enfance

Pour rappel : les enfants ne se développent pas tous au même rythme.

A 6 ans, les enfants maitrisent déjà la plupart des grands patrons moteurs : course, saut, lancer, coup de pied à ballon. L’équilibre est contrôlé : équilibre statique, sur un pied, et l’équilibre dynamique.

Plus les enfants grandissent, plus leurs performances motrices augmentent : accroissement de la vitesse d’exécution et amélioration de la coordination. Ainsi, les enfants maîtrisent davantage les activités physiques et acquièrent de meilleures connaissances de leur corps et de leur schéma corporel.

  • A 6-8 ans, les garçons sont légèrement plus rapides que les filles (en raison du développement musculaire plus important)
  • Les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons sur les activités de souplesse et d’équilibre. Les garçons eux, sont plus à l’aise dans les activités requérant de la force (saut, course, lancer)
  • Le temps de réaction diminue entre 5 et 8 ans, en parallèle, la vitesse de mouvement augmente.
  • Réception : après 5 ans, l’enfant commence à se déplacer en fonction de la trajectoire du ballon, si celui-ci ne vient pas à lui directement. On note encore ici, une différence fille – garçon.
  • Avec une raquette : c’est l’habileté motrice la plus difficile à acquérir. En effet, l’ajout d’un élément extérieur (raquette) modifie la longueur du bras de l’enfant. De plus, il faut ajuster son déplacement, la trajectoire de l’instrument à celle de la balle. On parle d’anticipation coïncidence. Il est alors fréquent que l’enfant rate la balle ou le volant.
    • Dribble :
    • A 5-6 ans, l’enfant dribble bras tendu.
    • A 7-8 ans, il commence à fléchir le bras et se déplace en marchant. Puis l’enfant parvient à se décentrer visuellement du ballon pour se centrer sur les joueurs.
    • Des difficultés perdurent encore sur le plan spatio-temporel : par exemple, il est encore difficile de faire une passe à un partenaire en mouvement. Dans ce domaine, les progrès seront plus importants sur la période 9- 12 ans.

À cet âge l’enfant est capable :

  • de sauter à pieds joints sur une distance de 60 cm environ
  • de faire 10 sauts sur un pied en restant sur place ou en avançant;
  • de sauter d’une hauteur de 1 mètre;
  • pédaler sur une bicyclette;
  • coordonner plusieurs mouvements, comme bouger les bras et sauter en même temps, sans perdre le rythme;.
  • de jouer avec un ballon et le lancer avec force et précision;
  • d’attraper une balle d’une main;
  • de lancer une balle sur une cible;
  • de frapper un ballon du pied en se déplaçant dans différentes directions;

Comment aider l’enfant à progresser?


Motricité globale- Grande enfance

À partir de 8 ans, le développement moteur primaire des enfants est bien établi et c'est à ce moment-là que les écarts vont se creuser : c'est le moment du perfectionnement.

La pratique et les exercices vont permettre aux enfants d'améliorer leur capacité de transformation du mouvement (par exemple, réagir rapidement au cours d'une partie de foot), leur capacité d'orientation ou encore la coordination main-œil. Et bien entendu, l'exercice et l'activité physique restent très important pour permettre aux enfants de bien grandir.

La coordination des mouvements est en fin d’acquisition. L’équilibre s’assure. C’est la meilleure période pour une acquisition rapide de nombreux automatisme (danse, ski…) : on appelle cette période l’âge d’or des apprentissages moteur.

Ils accèdent à une image corporelle précise. L’attention peut être soutenue. L’immobilité voulue devient possible pendant un assez long moment.

Sur le plan moteur :

  • Les performances et la qualité du geste s’améliorent.
  • Les tâches motrices réalisées sont proches de celles des adultes.
  • La maturation neuromusculaire permet une coordination motrice plus efficace.
  • La force, la résistance et l’endurance musculaires augmentent régulièrement.
  • La souplesse articulaire aura tendance à diminuer si elle n’est pas entretenue.
  • Les performances des garçons deviennent légèrement supérieures à celles des filles, mais les habiletés motrices sont néanmoins équivalentes.
  • La dextérité manuelle s’améliore également.
  • Le schéma corporel (conscience que nous avons de notre corps et des éléments qui le compose) est intégré, mais il est soumis en permanence à des changements dus à la croissance, l’enfant doit alors en permanence se le réapproprier.
  • Sur le plan de l’organisation spatiale : l’enfant commence à maitriser l’espace métrique ce qui lui permet maintenant d’utiliser la boussole, de comprendre une carte, un plan et les échelles utilisées.
  • Sur le plan temporel, l’appréciation d’une durée n’est pas toujours maîtrisée (elle dépend de l’intérêt pour la tâche à accomplir et de la quantité de changements vécus pendant ce laps de temps) D’où l’intérêt de donner du sens et du dynamisme à l’activité proposée…
  • L’organisation spatio-temporelle s’améliore grandement et permet de mieux maitriser l’anticipation-coïncidence. Les activités de raquettes peuvent être pratiquées avec moins de difficultés à cet âge. Les passes en sports avec ballon deviennent plus précises.

Comment aider l'enfant à progresser ?


Motricité fine

C'est vers 6-7 ans que les petits muscles vont réellement commencer à se développer. Les enfants démarrent l'écriture et cela va leur demander de sacrés efforts au niveau des muscles de la main. Cela peut s'avérer plus difficile pour certains que pour d'autres et s'entrainer un peu chaque jour, mine de rien, ça peut aider.

Le développement de la motricité fine signifie que l’enfant utilise certains petits muscles des doigts et des mains pour faire des mouvements précis afin de prendre et de manipuler de petits objets. Il apprend aussi à utiliser ses deux mains en même temps pour effectuer des tâches manuelles.

À cet âge :

  • l’enfant est capable de reproduire la plupart des lettres de l’alphabet, en suivant des lignes. Il se peut toutefois qu’il forme certaines lettres à l’envers;
  • les dessins de ses personnages sont précis, il y ajoute beaucoup de détails et respecte davantage les proportions : maman et papa sont plus grands que les enfants, le chien est plus petit que l’enfant, la maison est plus haute que tous les personnages, etc.
  • il positionne ses doigts sur les ciseaux de façon à en faciliter l’utilisation et il peut découper plusieurs formes en suivant des lignes de contour;
  • il peut reproduire une scène réaliste en dessin, autant dans les détails que dans les proportions. Vers 8 ans, il commence à dessiner des personnages de profil;
  • il peut découper des formes complexes comprenant autant des angles que des formes courbes;
  • il est capable de reproduire des pliages comme ceux en origami.

Comment aider l’enfant à progresser?

Vous pouvez favoriser le développement de sa motricité fine dans votre quotidien par ces gestes simples :