4. Les caractéristiques de l'adolescent

4.2. Au niveau physiologique

Introduction

On assiste à des modifications physiologiques lors de l'adolescence : croissance physique spectaculaire, développement de la pilosité, modification des organes génitaux externes chez les garçons, apparition des seins chez les filles. La fin de la puberté est marquée chez les garçons par la première éjaculation consciente et par l'arrivée des règles chez les filles.

Il apparaît évident que l'adolescent devra s'approprier une nouvelle image de lui-même, qu'il devra développer un autre rapport à ce corps qui se transforme si brutalement. Ce bouleversement peut s'accompagner d'un sentiment de dysharmonie, de disgrâce et jouer sur ce que les psychologues nomment "l'estime de soi".

D'autant que filles comme garçons se heurtent à un look idéal véhiculé par la presse et les médias, ce qui ne facilite pas forcément l'appropriation de ce corps qui est le leur et avec lequel ils devront vivre.

A- La puberté

La puberté, c’est ce passage où le corps se transforme, passant du stade d’enfant à celui d’adulte. C’est grâce à la puberté que notre organisme acquiert la capacité à se reproduire. Cette transformation a lieu en moyenne entre 10 et 14 ans. Elle commence en général plus tôt chez les filles que chez les garçons.

L’origine du mot provenant du latin pubere, qui signifie « se couvrir de poils ».

Pour illustrer ce phénomène, regarder la vidéo de Jamy:

Les essentiels de Jamy : QUE SE PASSE-T-IL A LA PUBERTÉ ?

B- L'accession à la sexualité de l'adulte

Pour faire un rappel du chapitre,

C- Le rôle des hormones sexuelles

Les hormones sexuelles sont nécessaires au développement et à l’épanouissement de chacun. Elles sont essentielles pour assurer la survie de l’espèce humaine.

Chez la fille

Les œstrogènes (œstradiol) et la progestérone sont les deux hormones femelles sécrétées par les ovaires mais aussi, de façon plus étonnante, en moindre quantité par les testicules (pour faciliter la soudure des os). Ce sont les hormones de la féminité par excellence. L'arrivée des menstruations est une étape clé de la puberté. Chez la fille, lorsque la sécrétion d’œstrogènes et de progestérone augmente de façon considérable vers l’âge de 11 ans, elle entraîne la formation de la poitrine, puis l’arrivée des menstruations (règles) deux ou trois ans plus tard. Désormais, chaque mois, les ovaires sécrètent des œstrogènes en première partie de cycle pour favoriser l’épaississement de la muqueuse utérine et ainsi faciliter la nidation. Après l’ovulation (vers le 14e jour du cycle), ils produisent de la progestérone, afin de préparer l’utérus à une éventuelle grossesse. En fin de cycle, si l’ovule n’a pas été fécondé, les sécrétions d’œstrogènes et de progestérone chutent, la muqueuse utérine et l’œuf non fécondé sont éliminés pendant les règles.

Chez le garçon

Sous la direction de l’hypophyse, les testicules, glandes sexuelles masculines, sécrètent des hormones mâles, dites androgènes. La plus connue est la testostérone, qui favorise le développement des muscles et intervient dans la production des spermatozoïdes. In utero déjà, le fœtus masculin produit de l’hormone mâle qui le virilise. À sa naissance, le bébé de sexe masculin a un taux de testostérone quasiment identique à celui d’un homme adulte. Puis ce taux diminue, le petit garçon entre dans une phase de latence jusqu’à l’âge de 13 ou 14 ans, où ses testicules recommencent à produire davantage d’hormone mâle.

D- Evolution des capacités de performance et des qualités physiques

L’adolescence est une période de multiples transformations souvent déstabilisantes au niveau psychologique, qui place les jeunes dans une situation paradoxale faite de nouveaux possibles et de fragilités. Des transformations spectaculaires vont définitivement dissocier les performances, les attentes et les modalités de fonctionnement entre les filles et les garçons. Face à la nécessaire éducation, l’indispensable épanouissement, l’utile intégration et socialisation, la pratique d’un sport semble apporter une réponse évidente aux besoins de nos adolescents.

Le physiologiste de l’exercice Victor Katch écrivit en 1983 dans le Journal Of Adolescent Health :

« Il y a une zone critique dans la vie de l’enfant (appelée point gâchette) qui coïncide avec la puberté chez la plupart des enfants mais peut survenir plus tôt chez certains, avant laquelle les effets d’une préparation physique seront minimaux ou ne se manifesteront pas du tout. » Ce phénomène de gâchette est le résultat des effets des hormones qui déclenchent la puberté et le développement fonctionnel ainsi que les adaptations organiques qui en découlent.

Dans ce contexte, les effets que les androgènes et l’hormone de croissance ont sur le développement des capacités fonctionnelles, le métabolisme et le développement musculaire, sont particulièrement importants. »

On note une différence de croissance entre le garçon et la fille. A partir de 10-12 ans ré accélération de la croissance avec un décalage entre fille et garçon = c’est un pic de croissance. Le pic de croissance est plus précoce et plus rapide chez la fille que chez le garçon, il est moins étalé dans le temps et moins accentué.

D1 Origines des différences enfants-adultes et garçons-filles

D2 Maturation pubertaire et métabolisme aérobie

Avant de vous aider à mieux comprendre, les informations de ce chapitre, nous vous conseillons fortement de regarder cette vidéo pour faire un rappel (ou pas) de la (ou le) VO2 max:

La consommation maximale d’oxygène, exprimée en litre par minute, augmente jusqu’à l’âge adulte chez les garçons mais pas chez les jeunes filles où une légère décroissance est observée en fin de puberté.

La consommation maximale d’oxygène, rapportée à la masse corporelle (ml.min-1.kg-1), reste stable chez les garçons pendant la croissance pubertaire mais pas chez les jeunes filles où elle décroît jusqu’à la fin de la puberté.

Les particularités de l’évolution de la consommation maximale d’oxygène au cours de la croissance des filles non sportives s’expliquent par :

  • Une augmentation de la masse grasse ;
  • Une diminution des activités physiques

L’effet des androgènes sur le taux d’hémoglobine est une explication supplémentaire des différences observées avec les garçons.

D3 Développement de la force

Les arguments en faveur du peu d’efficacité des programmes d’entraînement de la force musculaire chez l’enfant sont les suivants :

  1. les progrès observés sont l’expression d’adaptations fonctionnelles ;
  2. l’hypertrophie musculaire est peu marquée ;
  3. la production d’hormones aux effets anabolisants est peu marquée au cours des exercices de force chez l’enfant

L’amélioration des qualités de force observée chez l'adolescent est essentiellement l’expression d’adaptations neurologiques et fonctionnelles :

  • meilleur recrutement spatial en particulier des unités motrices rapides (IIb) ;
  • meilleur recrutement temporel(tétanisation),
  • meilleures coopérations entre muscles agonistes et antagonistes.

D4 Danger ostéoarticulaire

Les risques traumatiques seraient plus importants du fait de l’immaturité du squelette et sa phase de consolidation :

  • Altérations de la colonne vertébrale (maladie de Scheuermann) ;
  • Apophysites au niveau des points d’ossification secondaire ;
  • Lésions micro et macro-traumatiques des cartilages de croissance…