3. Catégories de handicap et recommandations pédagogiques

3.4. Le handicap sensoriel

Le handicap sensoriel résulte de l'atteinte d'un ou plusieurs sens. Il se caractérise majoritairement par des incapacités issues d'une déficience auditive ou visuelle.

Ce type de handicap entraîne, presque automatiquement, des difficultés de communication et d'intégration sociale de la personne.

C'est pourquoi, la personne handicapée est amenée à développer d'autres moyens de communication et d'information pour s'adapter à la société et à la vie quotidienne.

La déficience auditive

Caractéristiques :

L’audition exerce 2 fonctions : La communication et la vigilance/alerte. Le son (mouvement vibratoire) se caractérise par 2 paramètres : l’intensité en décibels (dB), si le son est fort ou faible, la fréquence en Hertz (Hz), si le son est grave ou aigu.

Unilatérale ou bilatérale, les niveaux de surdité sont variables et ont des conséquences progressivement de plus en plus marquées.

  • Entre 20 et 40 décibels (dB) de perte d’audition, on parle de surdité légère.
  • Entre 40 et 70 dB, seule la parole forte est perçue, mais la compréhension devient difficile, particulièrement dans des environnements bruyants.
  • Entre 70 et 90 dB, on parle de surdité sévère et seul le port d’une aide auditive peut améliorer la communication.
  • Au-delà de 90 dB (surdité profonde à totale), la parole est souvent remplacée par la Langue des Signes.

La perte auditive peut entraîner différents comportements :

  • Lacune au niveau de l’intonation et des accents : le malentendant cherche une expression du visage mais la culture ''entendante'' n’en fait pas souvent usage.
  • Sentiment d’insécurité : l'oreille ne joue plus son rôle d’avertisseur ce qui peut angoisser la personne déficiente auditive.
  • Hyperactivité ou isolement.
  • Gêne et une fatigue importante, car les personnes compensent par une concentration accrue

Les aménagements :

Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent communiquer par le biais :

  • De la langue des signes française (LSF), reconnue depuis février 2005 comme une langue à part entière. Cette langue n’est pas universelle. Elle consiste en l’association de mots ou d’idées sans utiliser de connecteurs ni d’articles. La dactylologie (épeler chaque lettre) est employée uniquement pour les noms propres ou les mots nouveaux.
  • Du langage parlé complété (LPC). Cette méthode est à base de « clés » à positionner à certaines zones du visage pour accentuer certains sons. Elle complète donc la lecture labiale.
  • De l’oral, avec ou sans l’aide d’une prothèse auditive. La lecture labiale est souvent nécessaire.
  • De l’écrit. Il faut savoir que beaucoup de sourds ou malentendants ont de grosses difficultés dans la maîtrise du français (souvent minimaliste et approximatif).

Recommandations pédagogiques :

Les personnes atteintes de déficience auditive peuvent a priori tout faire. Pour autant, pour les atteintes bilatérales les plus profondes, la personne ne peut être isolée car, privée des informations sonores, elle ne peut pas percevoir un bruit de danger (véhicule arrivant), ou un signal sonore d’alarme.

Ces personnes appréhendent le monde principalement par la vue : parlez-lui simplement et à une intensité habituelle, mais en veillant en permanence à être proche d’elle, de face et bien éclairé (jamais à contre-jour) en articulant correctement mais sans exagérer.

  • Utilisez votre langage corporel (mime, geste) pour traduire l’intention de vos mots.
  • Vous pouvez aussi utiliser des supports écrits (tableaux, dessins, photos) pour communiquer.
  • Soyez vigilants aux réactions de ces personnes, qui pourront exprimer un sentiment d’incompréhension par de la colère ou des sautes d’humeur.
  • Demandez-lui conseil pour trouver le meilleur moyen de communiquer.


La déficience visuelle

Caractéristiques :

La déficience visuelle elle est définie par l’état du champ visuel (étendue de l’espace perçu par un œil immobile), ainsi que la notion d’acuité visuelle (aptitude de l’œil à apprécier les détails). Il existe de nombreuses façons de «mal voir» : vision totale mais floue, vision uniquement périphérique, vision tubulaire…

La personne présentant une déficience visuelle :

  • aura besoin de prendre (et que l’entourage prenne) le temps nécessaire pour se repérer lorsque l’endroit lui est inconnu, afin qu’elle parvienne, dans les meilleurs délais, à se déplacer seule, avec ou sans canne blanche, selon son habitude. Lors de la première visite de la structure, faites lui visiter les lieux et n’hésitez pas à lui faire toucher chaque objet afin qu’elle prenne des repères.
  • Pour être guidée, une personne aveugle tient le bras de son guide juste au-dessus du coude et se place légèrement décalée derrière lui. Elle saura ainsi, sans qu’on soit obligé de le lui dire, s’il y a un trottoir à monter ou à descendre, ou si le passage devient étroit (le guide mettant alors son avant-bras dans le dos). Quoi qu’il en soit, évitez à tout prix de tirer ou pousser la personne dans la direction où vous voulez qu’elle aille. Le guidage efficace ne peut se faire que si un climat de totale confiance est établi entre le sportif et son guide.
  • Sachez également que se déplacer seul pour un aveugle ou un malvoyant requiert beaucoup de concentration et cela peut être une cause de fatigue intense. Par ailleurs, bien souvent une personne aveugle ou malvoyante met beaucoup plus de temps que nous pour exécuter une tâche : il est alors tentant de la faire à sa place !

Aménagements et recommandations pédagogiques :

  • Ayez toujours à l’esprit qu’il y a de nombreuses choses que vous pensez infaisables par un aveugle ou un malvoyant et qui pourtant le sont, et à l’inverse, certaines que vous pensez faisables, ne le sont pas sans le concours d’autrui.
  • Considérez le sportif malvoyant en tant qu’individu, avec ses propres particularités afin de l’impliquer un maximum dans la dynamique du groupe.
  • Aidez-la à se déplacer en lui laissant tenir l’épaule ou le coude.
  • Pour l’aider à se diriger, sollicitez les repères sensoriels (visuels, auditifs, kinesthésiques), par exemple en tapant, pour lui donner des repères.
  • Pour utiliser un objet, décrivez lui sa forme ou sa texture.
  • Si vous voulez donner un objet, mettez le dans sa main plutôt que de le poser à proximité, cela lui évitera de le chercher voire de le faire tomber. Il est important que les objets utilisés par les personnes déficientes visuelles soient toujours rangés aux mêmes endroits.
  • Dans vos consignes ou vos échanges, cherchez à être clair, à parler distinctement et à solliciter les personnes pour entretenir le dialogue. Parlez toujours en étant devant elle. Signalez lui que vous sortez de la pièce afin qu’elle ne parle pas dans le vide.