3. Les troubles de l'apprentissage

3.4. La dysphasie

Une personne atteinte de dysphasie prononce des mots inintelligibles et des phrases déstructurées. En revanche, la compréhension est épargnée.

Imaginez-vous devoir vivre dans un pays avec une langue étrangère que vous ne maîtrisez pas: Il est difficile de trouver tous ses mots, de savoir bien les prononcer et de comprendre ce que l’on dit. Il en est de même pour la personne dysphasique.

Petit rappel:

  • A l’âge de 4, 5ans, l’enfant dispose de 1500 mots.

Il s’agit d’une moyenne au niveau du développement du langage chez l’enfant. On observe des variations d’un enfant à un autre. Un bilan orthophonique sera demandé lorsque les écarts sont trop importants : par exemple, un enfant de 3 ans qui ne comprend pas des ordres simples, qui n’a pas plus de 10 mots dans son vocabulaire ou qui ne s’exprime pas en associant plus de deux mots.

On recherchera alors un trouble auditif, à l’aide d’une batterie de tests spécifiques, puis lorsque ce trouble est éliminé, on éliminera aussi les troubles sévères de la personnalité, des carences psycho-affectives et socio-éducatives. Le diagnostic s’orientera alors vers un potentiel trouble développemental du langage ou une dysphasie.

A noter que 4 à 6 % des enfants présentent un simple retard de langage contre 1% de dysphasie. Le retard de langage correspond à un retard de la parole mais aussi à un retard syntaxique (construction de phrase). On entendra « jouer ballon » au lieu de « je joue au ballon ». L’intelligence n’est par ailleurs pas altérée.

Conséquences:

Dans le quotidien la personne dysphasique peut avoir des difficultés :

  • à se faire comprendre / à comprendre
  • à se corriger malgré les répétitions, à chercher ses mots
  • à organiser son discours et son temps (passe du coq à l’âne)
  • à gérer ou à exprimer des émotions (impliquant parfois une baisse de l’estime de soi)
  • à appréhender l’abstrait

On peut s'appuyer sur:

  • sa ponctualité et/ou son assiduité,
  • son implication dans le travail

Exemples d’aides techniques possibles : logiciels d’assistance à l’écriture, correcteurs d’orthographe, de lecture...

  • lorsqu’on lui adresse un message : attirer son attention, s’assurer d’un contact visuel, éviter les sources de distraction
  • accompagner les mots de gestes (mimer si possible)
  • donner une consigne à la fois
  • utiliser des illustrations des consignes par photographie (via un smartphone par exemple)
  • mettre en place des repères visuels et/ou auditifs
  • favoriser la reformulation par la personne pour vérifier que le message est compris
  • élaborer avec la personne un emploi du temps incluant des pauses
  • associer (si possible) la personne à cet emploi du temps
Aménagements pour les enfants :
  • Le contexte dans lequel est placé l’enfant facilite sa compréhension. Il pourra entendre « bain » au lieu de « pain », mais s’il est à table il comprendra vite qu’on lui demande de faire passer le pain.
  • L’enfant suit le mouvement pour être toujours en lien avec ce qui se passe autour de lui, à l’affut de la moindre information (passer à table, se mettre en rang…) ce qui peut lui conférer souvent un comportement très stéréotypé ou passif.
  • L’enfant peine à se faire comprendre des adultes et des autres enfants.
  • Pour certain, le langage écrit précédera le langage oral et sera plus aisé.
  • Attention au bruit qui altèrera davantage la compréhension de consigne.
  • Utiliser des pictogrammes.
  • Consignes, précises, et concises.
  • Diction lente
  • Accompagner ses mots de gestuelles ou de signes.
  • Surtout, ne pas imposer une prise de parole en public.