Les troubles de l'apprentissage, de la communication et du comportement
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6. Troubles et sport : recommandations pédagogiques
6.3. Adaptations
COMMENT ADAPTER LA PRATIQUE SPORTIVE AUX DIFFICULTÉS LIÉES AUX TROUBLES DE L'APPRENTISSAGE OU DU COMPORTEMENT?
- Il faut avoir une attention particulière pour les doubles tâches (motrices ou motrices et cognitives) qui impliquent un niveau de difficulté supérieur, particulièrement pour les enfants ayant des troubles d’apprentissage (ex. dribler et courir ou communiquer pendant que je lance une balle). Ce type de tâche est à éviter si l’action n’est pas automatisée ;
- Il faut aussi favoriser le rappel puisqu’ils ont tendance à oublier ce qu’ils ont appris dernièrement : indices visuels/pictogrammes, mettre un dossard correspondant à la couleur de l’équipe sur les buts, avoir des vidéos des routines sportives pour la maison, commencer les cours avec les activités motrices des cours précédents ; Commencer les activités en effectuant les mouvements des dernières séances pour favoriser le rappel avant d’ajouter de nouvelles actions (Szucs et al., 2013) ;
- Il est préférable d’effectuer beaucoup de répétitions d’une même tâche dans différents contextes plutôt que de complexifier la tâche et d’évoluer rapidement au prochain niveau ;
- Il est conseillé de laisser les enfants faire des activités qui correspondent à leur propre niveau plutôt que d’imposer un temps, une distance ou un nombre de répétitions ;
- Il faut laisser l’enfant faire des choix dans ses exercices et lui permettre de choisir certaines activités. Cela soutient son besoin psychologique fondamental d’autonomie, va lui permettre de réaliser son objectif puisqu’il choisira des activités adaptées à ses compétences, développera sa confiance, l’incitera à progresser davantage, stimulera sa créativité et ainsi, favorisera ultimement son développement ;
- Il est suggéré d’avoir une certaine constance puisque les enfants ayant des troubles d’apprentissage ont souvent une certaine rigidité, soit une difficulté à s’adapter rapidement à des environnements et à des contextes en changement. Afin d’y arriver, il est pertinent d’établir des routines d’entraînement, de mentionner au préalable les activités qui seront à l’entraînement et de prendre le temps de préciser le développement du cours en début de séance.
- Faire des activités à faible intensité peut être plus facile et moins exigeant lors de l’introduction de l’activité physique à quelqu’un qui ne la connaît pas, dans le but d’augmenter le niveau d’intensité et de complexité au fil du temps (McKenzie et al., 2018) ;
- Augmenter le temps passé dehors, particulièrement dans des milieux naturels qui offrent des surfaces irrégulières (racines, inclinaisons, chemins sinueux…) et différentes textures (sable, eau, roche, glaise, gazon…)( Fjortoft, 2001) ;
- Éviter les jeux traditionnels qui aboutissent à l’élimination précoce des non qualifiés pour favoriser l’estime de soi des enfants ayant des troubles d’apprentissage ou de faibles compétences motrices (Sherrill et Pyfer, 1985, Babour, 1999).
Pour favoriser la pratique d’activité physique chez l’enfant ayant un trouble des DYS, il faut adapter l’activité avec les facteurs de l’environnement et les facteurs personnels. Il est recommandé de :
- Favoriser l’intervention individuelle ou en très petit groupe (3-4) pour que l’enfant prenne confiance puis favoriser les activités adaptées dans lesquelles il collabore avec ses pairs.
- Favoriser des activités qui augmentent la socialisation avec les pairs (p. ex. inventer un jeu, collaborer pour atteindre un même objectif, activités brise-glaces)
- Utiliser le renforcement positif en soulignant leurs progrès et leurs points forts (actions, comportements)
- Accompagner au besoin l’enfant dans la réalisation de la tâche
Adaptations psychologiques:
- Optimiser l’aspect ludique de l’activité
- Adopter une attitude positive (ex. éviter que celui qui arrive en dernier doive faire une punition sportive : 10 push-up)
- Favoriser le plaisir, l’amusement, la bienveillance et le développement d’une bonne perception de ses compétences comme premiers objectifs d’entraînement ; Adaptations concernant la conception des activités
- Éviter la ségrégation en fonction des compétences motrices (ex. débuter les activités aléatoirement sur le terrain plutôt que sur une ligne de départ, éviter les activités en ligne dans lesquelles 2 ou 3 enfants sont en action et les autres enfants les observent ; le temps signale la fin d’une activité plutôt que d’attendre que le dernier enfant termine l’activité (plus lent)) ;
Adaptations concernant la conception des activités
- Favoriser un environnement d’apprentissage/d’intervention incluant des tâches simples, qui réduit les exigences cognitives et la planification motrice, et donc, qui diminue le niveau de stress des enfants et les incitent à participer
- Opter pour une progression lente, modulée par le rythme de l’enfant
- Moduler le niveau de difficulté de la tâche pour que l’enfant vive régulièrement des succès qui vont au-delà des gestes techniques (p. ex. compter un but)
- Proposer des exercices de faible intensité, qui sont moins exigeants à exécuter pour quelqu’un qui n’est pas familier avec l’exercice physique. Le but est d'augmenter le niveau d'intensité et de complexité au fil du temps ;
- Être attentif et sensible à la fatigue précoce, caractéristique des enfants ayant de faibles habiletés motrices
- Éviter de donner des consignes ou des rétroactions pendant que l’enfant exécute l’action.
- Utiliser des aide-mémoires pour favoriser le rappel des consignes (p. ex. pictogrammes des actions au mur et au sol) et des informations spatiales (distinguer les buts avec couleurs des dossards, mettre des flèches pour indiquer les directions des déplacements, utiliser les cerceaux pour indiquer les points de départ).