2. Adaptation de l'aisance aquatique en milieu naturel

2.1. Exemple d'un cycle complet d'enseignement "dilué" au lagon de la Réunion

Un cycle d'AA au lagon
"Marmay à l'o"
Ecole Petite France Ile de la Réunion
présenté par Sandrine ASPEEL

Cette expérimentation d'adaptation de la démarche de l'aisance aquatique en milieu naturel et particulièrement au lagon de la Réunion, a été réalisé avec 13 élèves de CP de l'école Petite France. Particularité de cette école ( la plus haute de la commune de Saint Paul), située à 1100 m d'altitude. Les enfants n'ont pas accès à la piscine ni au lagon et ce fût pour la plupart une première expérience aquatique.

La Présentation de l'activité natation au lagon par la cheffe de projet : Caroline HEISSAT, MNS à la ville de Saint Paul

Quelles sont les adaptations pédagogiques nécessaires à la mise en oeuvre de l'aisance aquatique en milieu naturel ?

Le milieu

  • L’enseignement de la natation en milieu naturel et plus précisément au lagon de l’île de la Réunion, nécessite des adaptations qui sont essentiellement liées à l’environnement, au milieu lui-même, mais également aux fausses représentations culturelles.
  • L’environnement et le climat : Marqués par 2 grandes saisons : L’été austral caractérisé par des températures très chaudes (idéal pour mettre les enfants dans l’eau) mais avec des risques assez fréquents de pluies voir de tempêtes ou de cyclones. L’hiver austral caractérisé par des températures plus fraiches et sans pluie. Il faut ajouter également de légères marées qui peuvent parfois limiter la pratique.
  • La période propice aux apprentissages au lagon qui est retenue : de novembre à mai.
  • Le milieu : Une eau salée, plus ou moins claire, plus ou moins calme, des vagues, du courant.
  • Un milieu vivant : Une faune et une flore qui alimentent l’imaginaire collectif sur notre île. (Présence de nombreux poissons, boudins de mer, parfois des algues et de nombreux petits coraux morts qu’il faudra très souvent déplacer pour éviter les coupures).
  • Le principal défi à relever par l’équipe enseignante (PE et MNS) est d’amener l’enfant à dépasser ses peurs. La peur du vivant venant s’ajouter aux appréhensions communes du débutant : Peur du remplissage et de l’engloutissement.

La mise en œuvre

  • La mise en œuvre des cycles se réalise face au poste de secours de Saline les bains. (2 MNS en surveillance)
  • Le choix des écoles et des classes qui réalisent leur cycle natation en milieu naturel est défini par le (la) CPC en concertation avec les PE. Les plannings sont établis annuellement.

Le matériel à disposition

  • Un périmètre souple et mouvant (ligne) qui détermine une zone sécuritaire dans lequel les enfants pratiquent. Ils ne peuvent cependant pas prendre appuis dessus mais cela leur donne un repère à ne pas dépasser ou à longer.
  • Un grand tapis plateforme (1m 80 x 1m) qui servira de « bord » à agripper pour se déplacer en s’immergeant progressivement ou pour les différentes entrées dans l’eau.
  • Des bodyboards qui peuvent servir d’appuis solides mais mouvants pour s’immerger ou encore de zone d’obstacle à franchir en immersion.
  • D’autres matériels pédagogiques tels que des grands cerceaux et quelques objets lestés.
  • Des lunettes de natation seront mises à disposition pour les enfants qui le souhaitent.

Les objectifs

Les objectifs restent les mêmes que pour les cycles d'enseignement organisés en piscine :

Pour les moyennes et grandes sections maternelles et les CP : Les paliers de l'AISANCE AQUATIQUE

Pour les CE1 et + : L’ATTESTATION DU SAVOIR NAGER EN SECURITE

Les compétences à atteindre (paliers)
avec les adaptations préconisées

« L’évaluation » qui ne doit pas être une fin en soi et qui sera préconisée se fera de manière continue tout au long du cycle et sur chaque séance de « parcours ». Elle permettra d’apprécier les compétences des enfants comme suit pour chaque palier.

Les paliers adaptés au milieu naturel ?


Une organisation de cycle expérimentale

La plupart du temps les situations pédagogiques en milieu naturel sont organisées sous forme d'ateliers à tâche unique avec une constitution préalable de groupe de niveau encadré par un enseignant. Ce type d'organisation favorise la prise en compte de la sécurité dans un premier temps et permet de travailler sur le développement de capacités bien précises telles que les immersions, les déplacements, la flottaison et la respiration. Cependant, cette organisation laisse peu de place à la liberté et à l'autonomie de l'enfant quant aux choix qu'il pourrait opérer en fonction de ses capacités "maintenant et ici " et ne favorise pas la libération de son espace nécessaire aux nouvelles expérimentations, aux explorations et aux déplacements. Aussi, nous avons tenté de conserver le groupe classe dans son hétérogénéité et sans cloisonner les plus aventuriers - téméraires des plus craintifs.

Nous avons donc expérimenté une alternance de séances de type atelier et de séances de type parcours.

  1. L'atelier : je travaille plus spécifiquement une compétence avec mes camarades.
  2. Le parcours : je réinvestis dans un parcours avec des points de passages mais avec les modalités de déplacements que je choisis et en réalisant (si je peux et comme je peux) les tâches du parcours.

le cycle tableau

Analyse : une expérimentation plutôt satisfaisante même si tout est encore perfectible. Les 2 organisations se sont avérées complémentaires. Les ateliers "très encadrés" et animés par 1 éducateur permettent de mobiliser d'avantage l'attention des enfants, de les encourager, de favoriser la répétition nécessaire aux acquisitions, d'apporter des consignes précises. Le parcours a permi à certains de s'exprimer d'avantage et d'aller plus loin. Cependant les élèves en difficulté ont eu plus de mal à "tester seul" ou s'aventurer dans un espace moins limité et moins encadré. Les automatismes (de poser les pieds au sol) dans le déplacement ont été difficiles à réguler.

Une réflexion est à mener sur la place et le rôle des éducateurs dans le parcours pour favoriser l'accompagnement des moins à l'aise et pour conserver une exigence de réalisation.

Piste de solution : les 4 points de passages du parcours pourraient être identifiés et tenus par la maîtresse et parents accompagnateurs et non par les éducateurs qui conséquement se retrouvent en poste fixe, ce qui les empêche d'intervenir sur les déplacements entre chaque point fixe et de donner les consignes ou apporter de l'aide.

Le cycle et les progressions des enfants en images


Les freins pour le mise en oeuvre de l'activité vus par l'enseignante


Les avantages de cette activité vus par l'enseignante